À la veille de la 11ème Conférence Our Ocean (OOC11), accueillie pour la toute première fois sur le continent africain, les leaders spirituels ont décidé de faire entendre leur voix. Plus de cinquante responsables religieux, autorités spirituelles et représentants de la société civile se sont réunis lors de l’Ocean Interfaith Forum pour placer la conscience morale au centre de la gouvernance environnementale.
Cette rencontre s’est concrétisée par le lancement officiel de la Coalition de la Haute Ambition des Religions pour l’Océan et la Nature. Portée par l’organisation Faiths for Oceans, cette alliance mondiale inédite vise à engager activement les communautés de foi dans la protection de la biodiversité marine à travers des contributions transparentes et mesurables.
Désormais, aux côtés des chefs d’État, des scientifiques et du secteur privé, le monde de la foi s’impose comme un pilier incontournable de l’action mondiale pour les océans. Comme le rappelait la déclaration interreligieuse Turning the Tide lors de l’UNOC3 en 2025.
« L’océan n’appartient ni à une nation, ni à une génération, ni à une foi. Il appartient à toute vie, et toutes les traditions partagent le devoir de le protéger », indique le communiqué.
De la conviction morale à l’action vérifiable
Loin des simples déclarations d’intention, la Coalition repose sur une obligation de résultats et un principe de transparence. Qu’il s’agisse d’une petite paroisse locale ou d’une institution d’envergure internationale, chaque signataire doit formuler un engagement public comportant au moins une action concrète, datée et vérifiable, et s’engager à rapporter chaque année les progrès réalisés.
La feuille de route de la Coalition s’articule autour de six priorités stratégiques dont la promotion de la pêche durable, la protection marine, en parfaite adéquation avec l’objectif de préservation de 30 % des terres et des océans d’ici 2030 (30×30) issu du Cadre mondial pour la biodiversité, le soutien à un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes, la réduction de la pollution, l’action face au nexus océan et climat, et l’éducation et le plaidoyer religieux.
Pour y parvenir, les communautés entendent mobiliser leurs fidèles par la gestion directe de sites côtiers, le déploiement de programmes éducatifs et l’orientation des investissements financiers vers des projets alignés sur ces valeurs environnementales.
Un œcuménisme vert et inclusif
La force de cette initiative réside également dans sa grande diversité culturelle et confessionnelle. Parmi les membres fondateurs regroupés derrière Faiths for Oceans, on retrouve des organisations variées telles que la Communion anglicane, le Bahu Trust, le réseau de la jeunesse catholique africaine (CYNESA), Danmission, FutureFaith, GreenFaith Africa, la Conférence des Églises du Pacifique, ainsi que les associations Tikkun HaYam et United Madrassi Association.
La Coalition se veut totalement inclusive et lance un appel pressant à toutes les communautés de foi, indépendamment de leur taille, ainsi qu’aux organisations partenaires, à rejoindre le mouvement. L’ambition y est mesurée à l’aune des capacités de chacun : chaque geste compte.
Alfredo Prince NTUMBA