Santé : Riposte face à Ebola, Cyril Ramaphosa à Kinshasa pour sonner la mobilisation générale de l’Union africaine

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a rencontré en tête-à-tête, ce jeudi 2 juillet 2026 matin, à Kinshasa, son homologue congolais Félix Antoine Tshisekedi. Loin d’une simple visite de courtoisie diplomatique, cette rencontre marque un signal de crise et un acte de leadership fort, alors que la République démocratique du Congo livre une bataille acharnée contre sa 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola (souche Bundibugyo).

Arrivé à Kinshasa ce mercredi 1er juillet 2026 pour le sommet RDC-RSA, le chef de l’État sud-africain endosse sa casquette la plus cruciale pour l’avenir du continent : celle de Champion de l’Union africaine (UA) pour la préparation, la prévention et la riposte aux pandémies. Accompagné du Dr Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, Cyril Ramaphosa vient insuffler un élan décisif à une riposte sanitaire qui dépasse désormais les frontières congolaises.

Face à un bilan qui s’alourdit et à une extension du virus vers la province de la Tshopo, l’urgence est absolue. La particularité de la souche Bundibugyo corse l’équation : il n’existe actuellement aucun vaccin ni antiviral homologué. Mais pour Cyril Ramaphosa, le principal obstacle à la médecine reste la guerre.

Une diplomatie du chéquier et de la souveraineté sanitaire

Au cours de cette visite, la RSA traduit la solidarité panafricaine en actes financiers concrets. Près de 13,5 millions de dollars américains ont été annoncés par l’Afrique du Sud comme contribution directe pour financer la surveillance épidémiologique, les laboratoires et la prise en charge en RDC. Cela s’ajoute aux promesses de dons des États membres de l’UA pour soutenir le plan de réponse continental, qui ont franchi la barre des 100 millions de dollars.

L’enjeu de cette visite, marquée par un passage stratégique à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), est également structurel. Échaudé par l’expérience historique du COVID-19 et de la crise du Mpox en 2024, Ramaphosa martèle le même crédo : l’Afrique doit fabriquer ses propres contre-mesures médicales et s’appuyer sur le Mécanisme africain de passation de marchés publics groupés pour ne plus dépendre de la charité occidentale.

Ce que l’histoire retiendra de ce sommet de Kinshasa

En se tenant aux côtés de Félix Tshisekedi au cœur de la tempête, Cyril Ramaphosa donne corps à la doctrine de la « souveraineté sanitaire africaine ». La gestion des épidémies n’est plus une affaire purement technique déléguée à des ONG internationales ; elle est devenue le curseur du leadership politique africain.

Pour rappel, la RDC possède une expertise de terrain irremplaçable, ayant maîtrisé seize épidémies d’Ebola par le passé. Elle devra à présent trouver des voies de sortie de crise pour cette dix-septième vague qui s’annonce plus ravageuse que les précédentes.

Sarah MANGAZA