La crise s’enlise à l’Hôpital public Mère et Enfant de la commune de Bumbu, dans la ville province de Kinshasa. Depuis près de dix jours, le laboratoire de cet établissement sanitaire qui est de surcroît l’Hôpital Général de Référence de la Commune de Bumbu est hermétiquement fermé. En cause, un mouvement de grève déclenché par le personnel de santé pour exiger une amélioration significative de leurs conditions de travail.
Une prise en charge médicale fortement perturbée dans cette partie de la capitale congolaise. Cette paralysie du service de biologie médicale impacte de plein fouet la qualité des soins dispensés aux patients, particulièrement vulnérables dans cet hôpital spécialisé qui appuie également quelques communes voisines.
Faute de pouvoir réaliser leurs analyses sur place, les usagers n’ont d’autre choix que de se tourner vers des structures privées ou des centres de santé environnants.
« Les malades sont contraints d’aller faire leurs examens de laboratoire ailleurs et de revenir avec les résultats pour que les médecins puissent poser leur diagnostic ou adapter les traitements », confie une source interne sous couvert d’anonymat.
Cette situation engendre non seulement un surcoût financier étouffant pour les ménages, mais aussi des retards dangereux dans la prise en charge des femmes enceintes, des mères et des enfants en bas âge.
Le désarroi des familles face à l’impasse
Sur place, la détresse des usagers est palpable. Confrontés à des coûts exorbitants dans le secteur privé et craignant la faible fiabilité de certains petits centres de santé, de nombreux parents se retrouvent totalement démunis.
« Mon enfant a fait de fortes fièvres. Je l’ai emmené rapidement ici, mais on me dit qu’il n’y a pas moyen de faire des examens. Je me suis précipité vers un hôpital privé, mais on m’exige des frais exorbitants que je ne peux pas payer. Là, je ne sais plus quoi faire. Le gouvernement est-il content ? Devons-nous tous mourir ? », s’indigne un parent rencontré dans l’enceinte de l’hôpital.
Vétusté et insalubrité : l’envers du décor
Au-delà de la grève du laboratoire, le tableau clinique de l’établissement lui-même suscite de vives inquiétudes. Derrière une façade extérieure trompeuse et propre, l’intérieur de l’hôpital offre un spectacle désolant. Une salubrité défaillante susceptible d’aggraver l’état des malades et un mobilier médical en très mauvais état, notamment des lits vétustes.
Au cœur des revendications du personnel en grève figurent précisément ces conditions de travail précaires, ainsi que le manque de moyens matériels et d’équipements adéquats pour exercer dans des conditions d’hygiène et de sécurité dignes.
L’urgence d’une intervention des autorités
Après près de dix jours d’arrêt de travail au laboratoire, le dialogue semble au point mort, laissant les usagers dans l’incertitude et la détresse. Face à cette détérioration critique de l’offre de soins à Bumbu, usagers et personnels lancent un cri d’alarme aux autorités sanitaires nationales et provinciales pour qu’elles interviennent en urgence, ouvrent des négociations concrètes et remettent en état cette structure essentielle.
Sarah MANGAZA