L’Institut national de Santé publique a au cours d’une conférence de presse tenue ce mercredi 12 août, démenti toute spéculation autour de la riposte contre le virus Ebola dans les 5 zones affectées. Docteure Mbuyi Gisèle, Cheffe du pilier national Surveillance à Bunia, a rassuré que le véritable système d’alerte de la riposte dont dispose l’institut mène une surveillance complète, et que la population n’a pas à céder aux rumeurs affirmant que l’État congolais ne contrôle pas cette épidémie.
« Le système d’alerte dont nous disposons permet de détecter rapidement les cas suspects, d’identifier et suivre les contacts, de repérer précocement les signes d’alerte et d’interrompre les chaînes de transmission. Plus de 86 % des contacts sont actuellement suivis, grâce à l’engagement des équipes déployées sur le terrain », a déclaré le docteure Mbuyi Gisèle, Cheffe du pilier national Surveillance à Bunia.
L’institut a précisé que les cinq zones affectées en République Démocratique du Congo constituent, à ce stade, les seules zones touchées par le virus sur l’ensemble du territoire national.
Il s’agit des provinces:
Ituri : principal épicentre avec le plus grand nombre de cas, notamment dans les zones de Mongbwalu, Bunia et Rwampara;
Nord-Kivu incluant des zones comme Beni, Butembo et Goma;
Sud-Kivu touché de manière plus limitée. L’épidémie y avait été déclarée le 21 mai 2026 dans la zone de santé de Miti-Murhesa. Le premier cas confirmé était décédé au centre de traitement de Lwiro. Le statut actuel renseigne que le virus est considéré comme « inactif » dans la province, aucun nouveau malade n’ayant été détecté depuis 73 jours.
Haut-Uélé : les zones de santé les plus durement touchées sont Wamba, Pawa, Boma-Mangbetu, Isiro et Rungu;
Tshopo : avec certaines zones de santé affectées dans la province. En plus d’un cas suspect décédé récemment sur un bateau reliant la Tshopo à la province de la Mongala.
Au total 50 zones de santé sont officiellement touchées à travers ces cinq provinces. Pour l’heure, l’accent reste mis sur la détection, l’alerte et l’orientation rapide de la réponse sanitaire à cette épidémie liée au variant Bundibugyo.
Sur le plan stratégique, l’INSP a rappelé que la surveillance épidémiologique demeure un dispositif essentiel de détection précoce et d’orientation de l’action. « Surveiller pour détecter, alerter pour agir, protéger pour sauver des vies », a souligné l’institut, en réaffirmant la mission de coordination et d’appui aux actions du ministère de la Santé.
La campagne de lutte contre la désinformation continue également à être menée dans l’ensemble du territoire national. Selon l’INSP, depuis la fausse alerte lancée sur le bateau à venu de la Mongala, aucun autre incident n’a été détecté auprès des équipes déployées sur le terrain. Le bateau suspect a été relâché afin de reprendre ses activités.
À Bunia, l’INSP a indiqué continuer à faire face à des défis persistants, notamment l’insécurité, l’accès difficile à certaines zones et les réticences communautaires à partager les informations sur les contacts. Malgré ces obstacles, la surveillance reste une priorité, avec un suivi renforcé des personnes identifiées.
« Ensemble, détectons plus tôt pour agir plus vite et sauver davantage de vies. La surveillance a été placée au niveau de la responsabilité collective donc chaque contact suivi constitue une opportunité de briser une chaîne de transmission », a conclu madame Mbuyi Gisèle, rappelant que, face à Ebola, chaque information compte.
Des messages d’appel aux gestes barrières continuent de retentir dans les chaînes de télévision, radios et réseaux sociaux, dans les zones concernées comme dans les zones non concernées, afin de prévenir la propagation. L’INSP invite la population à faire confiance aux dispositifs officiels de surveillance et à s’informer via les canaux institutionnels, tout en restant vigilante face aux rumeurs.
Albert MUANDA