Santé : Ebola aux portes de Kinshasa après un décès suspect sur le fleuve Congo ?

Le système d’alerte épidémiologique de la capitale est en état de vigilance maximale. Un passager en provenance de la province de la Mongala est décédé à bord d’un bateau à destination de Kinshasa. Il présentait des symptômes hautement compatibles avec la maladie à virus Ebola. L’embarcation a accosté dans la capitale après le drame, déclenchant une réponse sanitaire immédiate des autorités. Cette alerte a été lancée par l’organe suprême de commandement, de direction et de gestion opérationnelle de la police (COMGEN PNC RDC) ce mercredi 05 août.

A en croire, le Commissariat Général de la Police Nationale Congolaise en République démocratique du Congo (COMGEN), le décès est survenu durant la navigation sur le fleuve Congo, un axe vital pour le commerce et le transport de passagers vers la mégapole de plus de 15 millions d’habitants. Pour limiter les risques de propagation, le corps de la victime a été débarqué et inhumé dans un village riverain.

Les autorités locales affirment que l’enterrement s’est déroulé de manière sécurisée, conformément aux protocoles sanitaires stricts en vigueur pour les cas suspectés d’Ebola.

« Dès le signalement du cas, nos équipes mobiles ont intercepté l’embarcation pour procéder à une inhumation digne et sécurisée, minimisant tout contact physique avec la dépouille. Nous appelons la population de Kinshasa au calme : la situation est sous contrôle et aucun cas actif n’a pour l’instant été détecté dans les zones résidentielles de la capitale », a déclaré le Ministre provincial de la Santé, voulant ainsi rassurer les Kinoises et Kinois.

Quarantaine stricte pour les passagers

Dès l’arrivée du navire à Kinshasa, les équipes médicales ont pris en charge l’ensemble des personnes à bord. Par mesure de précaution, tous les passagers ont été placés sous surveillance sanitaire stricte pour une durée de 21 jours, correspondant à la période d’incubation maximale du virus. Les autorités s’activent désormais à lister tous les contacts potentiels afin d’éviter une diffusion du virus dans la communauté urbaine.

Le Directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) a précisé : « Le prélèvement biologique de la victime est en cours d’analyse dans nos laboratoires pour confirmer s’il s’agit bien de la souche Bundibugyo, qui sévit actuellement dans d’autres provinces du pays. En attendant les résultats complets, le protocole d’isolement total des passagers reste maintenu sans aucune dérogation. »

Ebola en RDC : Un lourd bilan humain

La République Démocratique du Congo fait face à une recrudescence alarmante des flambées épidémiologiques. Le virus se distingue par une virulence extrême. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne malade.

Selon l’indicateur Épidémiologique et la Fiche technique de l’OMS, le Cumul des cas nationaux revient à plus de 3 600 cas confirmés avec près de 1 600 morts. Le Taux de létalité moyen est d’environ 50 % selon

L’extension géographique reste à 5 provinces touchées d’après la dernière information jusque-là. La surveillance aux points d’entrée de Kinshasa, notamment les ports fluviaux et les axes routiers principaux, a été immédiatement renforcée pour intercepter tout voyageur présentant de la fièvre, des maux de tête ou des saignements inexpliqués.

Face au risque d’introduction du virus dans la capitale, les autorités sanitaires rappellent que la prévention collective reste le meilleur bouclier. La population kinoise est fermement invitée à respecter les mesures d’hygiène et de sécurité de lavage des mains fréquent à l’eau propre et au savon ou avec une solution hydroalcoolique. La population est invitée à Zéro contact physique (poignées de main ou accolades) avec toute personne présentant de la fièvre, des vomissements ou des saignements, d’interdiction stricte de manipuler, de laver ou de toucher le corps d’une personne décédée de manière suspecte, d’alerte immédiate des services de santé en cas de suspicion face à un proche malade et d’éviter la consommation de viande de brousse (singes, chauves-souris, antilopes), vecteurs potentiels du virus.

Albert MUANDA