Ressources naturelles : Le tournant stratégique de l’Afrique centrale vers l’industrialisation

Le Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts de l’Afrique centrale a officiellement clôturé les travaux de sa 42ᵉ session ce vendredi 16 octobre 2026 dans la capitale camerounaise. Organisée sous l’égide de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), cette rencontre de haut niveau a débouché sur un appel pressant : les pays de la sous-région doivent impérativement réduire leur dépendance aux ressources naturelles brutes en accélérant la transformation locale et l’industrialisation.

Cette 42ᵉ session s’inscrit directement dans la dynamique de la Décennie de la diversification économique (2021-2030). Réunis sous le thème « Accélérer la mise en œuvre des réformes pour dynamiser le secteur privé à mi-parcours de la décennie de la diversification (2021-2030) », les participants ont dressé un bilan d’étape et tracé les perspectives pour les quatre prochaines années.

« Les travaux visent à identifier les réformes prioritaires susceptibles de renforcer la compétitivité des économies de la sous-région, d’améliorer l’environnement des affaires et de stimuler l’investissement privé », a déclaré Jean Luc Mastaki Namegabe, directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.

Les assises de Yaoundé ont mobilisé un large éventail d’acteurs, incluant des représentants des gouvernements, du secteur privé, du monde scientifique, de la société civile, ainsi que des partenaires techniques et financiers. L’accent a été mis sur l’urgence de diversifier les tissus économiques locaux afin de rendre la sous-région moins vulnérable aux chocs extérieurs sur les marchés des matières premières.

Selon les experts, cela passe par des réformes structurelles profondes du climat des affaires et un soutien accru au développement du secteur privé.

La République Démocratique du Congo (RDC) y a joué un rôle de premier plan. Représenté par l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), le pays a vu son influence diplomatique et économique renforcée au sein des instances communautaires. Pour cet exercice, la RDC assume le poste de rapporteure du bureau entrant du Comité, une responsabilité confiée à la directrice générale de l’ANAPI, Rachel Pungu Luamba.

Cette position stratégique permettra à Kinshasa de suivre de près l’exécution des recommandations et de faire valoir les ambitions congolaises en matière d’attractivité des investissements. Les conclusions de cette 42ᵉ session serviront de feuille de route pour les États membres afin d’intensifier les réformes institutionnelles nécessaires avant l’échéance de 2030.

Albert MUANDA