Après une première étape organisée à Kinshasa les 9 et 10 juillet 2026, l’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF) s’est déployé à Kisangani à travers une série d’ateliers consacrés à l’analyse de la procédure existante de contrôle forestier en y intégrant des technologies géo spatiales de pointe pour mieux traquer l’exploitation illégale.
Avec l’appui technique et financier du World Resources Institute (WRI), les équipes de l’OGF se sont rendues à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, le 17 juillet. Cette étape provinciale a permis d’associer directement les agents territoriaux et les acteurs locaux, souvent confrontés en première ligne aux réalités du terrain.
Au cœur des discussions, la révision du Guide pratique des contrôles forestiers et du Manuel de procédures. Jusqu’ici basées sur des méthodes traditionnelles, les missions de vérification vont désormais intégrer des plateformes numériques et géospatiales à haut rendement.
« La tenue successive de ces ateliers à Kinshasa et à Kisangani traduit la volonté de l’OGF de faire participer aussi bien les acteurs nationaux que provinciaux à la modernisation du système de contrôle forestier. En recueillant les expériences et les observations des services de terrain, cette démarche vise à garantir que les futures procédures répondent aux réalités opérationnelles rencontrées dans les différentes provinces du pays », indique le communiqué de l’organisation.

En réunissant autour d’une même table le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), la Cellule de Contrôle et Vérification (CCV), ainsi que les gouvernements provinciaux et la société civile, l’OGF entend consolider une chaîne de contrôle transparente et harmonisée.
Les bénéficiaires ont été renforcé en capacité pour mieux utiliser des outils de pointe notamment, Global Forest Watch & Forest Watcher qui fournissent des systèmes de surveillance par satellite permettant de détecter les alertes de déforestation en temps réel, même dans les zones reculées.
L’Open Timber Portal (OTP), une plateforme de transparence réunissant la liste des concessions légales, leurs documents d’attestation et les cas de non-conformité constatés. Et l’Atlas Forestier, outil cartographique interactif pour croiser l’occupation des sols et les droits d’attribution des forêts.
« Il ne s’agit pas seulement de valider des textes théoriques depuis la capitale, mais de doter nos services provinciaux d’outils digitaux adaptés à leurs contraintes opérationnelles », a souligné un cadre du Ministère de l’Environnement.
Les travaux de Kisangani ont ainsi débouché sur des recommandations validées en plénière. À terme, ces nouvelles procédures permettront une meilleure planification des patrouilles, une analyse ciblée des risques et un suivi plus rigoureux des concessions industrielles et artisanales à travers le pays.
Notons que ces ateliers s’inscrivent dans le cadre du projet global « Renforcer la collaboration transfrontalière pour lutter contre l’exploitation forestière illégale dans le Bassin du Congo ».
Alfredo Prince NTUMBA