Mobilité durable, le gouvernement dévoile son plan pour désengorger Kinshasa et relier les provinces

La question de la mobilité et du développement des infrastructures routières était au centre des échanges ce mardi 9 juin. Le ministre des Infrastructures et Travaux Publics (ITPR), John Banza Lunda, et son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ont présenté, au cours d’un briefing de presse, un bilan des réalisations et des projets en cours visant à désengorger la capitale congolaise et à renforcer la connectivité entre les provinces.

À en croire ces membres du gouvernement, la mobilité urbaine à Kinshasa ainsi que l’interconnexion du territoire national figurent parmi les engagements phares du gouvernement congolais.

« Nous avons depuis plusieurs mois décidés d’intensifier la démarche d’interconnexion des villes et provinces du pays. Les travaux de la route nationale numéro 1 vont relier le corridor de Banana au corridor central, et cela représente exactement 3 300 kilomètres à partir de la ville de Moanda pour déboucher sur la province du Haut-Katanga, à Sakania et jusqu’à Mokambo. Nous avons la route nationale numéro 2 qui part de Mbuji-Mayi, pour la première grande phase, pour s’arrêter à Bukavu : cela fait 1 080 kilomètres et vous y trouverez la toute première autoroute du pays. S’y ajoutera le deuxième plus long pont du pays après le pont Maréchal. Il va mesurer 700,714 mètres linéaires, alors que le pont Maréchal en fait 748 », a déclaré le ministre des ITPR, John Banza.

Kinshasa : des travaux pour fluidifier la circulation

À Kinshasa, les interventions ciblent notamment des axes stratégiques tels que les avenues du Tourisme, Mondjiba, Poids Lourds et l’avenue Kianza. L’objectif est de fluidifier le trafic et de proposer des alternatives plus fiables face aux embouteillages chroniques.

De son côté, Patrick Muyaya a souligné que les projets en cours visent à mieux relier le Nord au Sud ainsi que l’Est à l’Ouest du pays, afin de faciliter le transport des marchandises et des personnes.

« Ces projets ont permis d’apporter des réponses claires aux interrogations des citoyens concernant le calendrier d’exécution des travaux et la répartition des investissements. Les Kinois, directement impactés par l’état de la voirie, peuvent espérer une nette amélioration de leur mobilité quotidienne grâce à la mobilisation conjointe des différentes agences (Office des Routes, OVD, ACGT) sous la supervision du ministère des ITPR. Il s’agit également d’étapes importantes pour juguler les défis de mobilité à Kinshasa et sur l’ensemble des routes nationales du pays, et pour matérialiser la vision de développement des infrastructures de la République démocratique du Congo », a-t-il indiqué.

Extension routière et montée en qualité

Sur le plan national, la RDC poursuit l’extension de son réseau routier. Le linéaire de routes en bon état est passé de 3 000 km en 2019 à environ 8 000 km. Le gouvernement attend également l’application d’un nouveau référentiel normatif destiné à garantir la qualité des ouvrages publics sur le long terme.

Le ministre des ITPR a rappelé, par ailleurs, les avancées structurelles récentes, notamment la signature au début du mois de juin de trois contrats majeurs avec des partenaires chinois pour le bitumage de plus de 206 kilomètres de routes.

« Le gouvernement congolais a affirmé sa volonté de maximiser ses efforts dans la mise en œuvre des résolutions issues de la conférence nationale du secteur des infrastructures. Selon les autorités, une phase de dix mois est prévue pour réfléchir et élaborer ces normes », a-t-il renchéri.

Parmi les objectifs annoncés figurent l’adoption d’au moins 350 normes dans le domaine des travaux publics, afin de conditionner la qualité des ouvrages et d’assurer leur durabilité. À travers ces chantiers urbains et nationaux, le gouvernement entend répondre aux défis de mobilité et renforcer, à terme, les infrastructures routières au service du développement de la RDC.

Albert MUANDA