En marge de la 20ᵉ Session ordinaire du Comité interministériel régional (CIMR) de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), tenue ce mercredi 21 octobre à Lusaka, la République démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé son rôle moteur dans la gouvernance des ressources naturelles. Louis Watum Kabamba, Ministre des Mines de la RDC et Président du Comité interministériel régional, a activement promu la stratégie congolaise axée sur la traçabilité des minerais et le développement de chaînes de valeur régionales durables.
« Face aux défis géologiques de la sous-région, nous soulignons la nécessité de renforcer l’intégration minière régionale, rappelant que les gisements miniers peuvent s’étendre au-delà des frontières nationales, ce qui rend indispensables la coopération et la coordination entre les pays pour optimiser la valorisation des ressources. J’insiste notamment sur le respect des cadres légaux par les opérateurs miniers », a déclaré le ministre, Louis Watum Kabamba.
Devant un parterre de hautes personnalités, incluant le Chef de l’État zambien Hakainde Hichilema, le ministre congolais a exhorté les pays membres à dépasser le stade des déclarations d’intention. Il a appelé à une transition rapide vers des actions concrètes, rappelant la responsabilité partagée qui incombe aux gouvernements, aux opérateurs miniers et aux communautés locales dans l’édification d’un secteur minier à la fois responsable et vecteur de croissance.
Pour la RDC, l’avenir de l’industrie extractive repose sur quatre piliers majeurs :
• La transformation locale des matières premières
• Le développement des chaînes de valeur interconnectées
• Le renforcement du contenu local (Local Content)
• La coopération énergétique stratégique, notamment avec la Zambie
Mesurer la performance du dividende social
Le ministre a rappelé qu’une industrialisation efficace demeure tributaire d’infrastructures adaptées et d’une intégration accrue des entreprises congolaises dans le tissu économique du secteur.
Le message de la RDC s’est voulu résolument tourné vers le bien-être des populations. Le ministère des Mines a martelé que « la performance minière ne doit pas se mesurer uniquement aux volumes de production, mais également aux retombées concrètes pour la population, notamment en matière de création d’emplois, de développement des compétences et de réalisation d’infrastructures sociales, telles que les écoles, les hôpitaux et les routes ».
Il s’agit, selon lui, d’une opportunité historique pour transformer localement les ressources afin de générer une véritable valeur ajoutée au profit des habitants de la sous-région.
Un élan politique et commercial bilatéral
En parallèle des discussions techniques, le volet politique et sécuritaire a été porté par Floribert Anzuluni, Ministre de l’Intégration régionale de la RDC, qui a assuré la présidence des travaux du CIMR. Ce dernier a rappelé qu’une intégration politique et sécuritaire forte demeure la condition sine qua non pour stabiliser durablement la région des Grands Lacs.
Les réformes structurelles entreprises par Kinshasa ont été saluées par l’ensemble des délégations de la CIRGL, qui s’accordent sur la nécessité d’une harmonisation des politiques minières régionales. Ces assises de Lusaka s’inscrivent directement dans la dynamique de mutualisation des efforts amorcée entre la RDC et la Zambie. Cette alliance vise notamment à fluidifier le commerce transfrontalier au poste-frontière de Kasumbalesa et à maximiser les investissements conjoints dans le secteur extractif.
Albert MUANDA