À l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, célébrée ce 5 juin sous le thème central de « L’Action climatique », la République Démocratique du Congo (RDC) a solennellement rappelé l’urgence d’une mobilisation internationale solidaire. Face à l’accélération des dérèglements environnementaux, professeure Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du Climat a martelé que l’heure n’est plus aux simples débats théoriques, mais au déploiement d’actions concrètes, ambitieuses et immédiates pour garantir un avenir viable aux générations futures.
Au cœur des équilibres écologiques mondiaux, la RDC entend pleinement assumer son leadership environnemental et consolider sa position d’acteur incontournable du XXIᵉ siècle.
Avec un patrimoine naturel exceptionnel comprenant 155 millions d’hectares de forêts tropicales, des tourbières uniques au monde, d’immenses réserves d’eau douce, une biodiversité rare et des minerais hautement stratégiques pour la transition énergétique, la RDC se positionne comme le véritable poumon climatique de la Terre.
Cependant, ce capital naturel inestimable subit des pressions grandissantes. La déforestation, l’exploitation non durable des ressources, l’urbanisation anarchique ainsi que les impacts directs du changement climatique constituent des menaces réelles pour l’intégrité de ces écosystèmes.
« Conscient de ces enjeux critiques, le gouvernement congolais, sous l’impulsion de la vision du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a élevé la protection de l’environnement et la valorisation durable des ressources naturelles au rang des plus hautes priorités nationales », indique la ministre.
A l’en croire, pour traduire cette volonté politique en résultats tangibles, la RDC a d’ores et déjà engagé un vaste chantier de réformes institutionnelles et législatives. Parmi les avancées majeures présentées figurent, le déploiement de la Nouvelle Politique Forestière Nationale couplé à une révision approfondie du Code forestier pour une gestion plus rigoureuse et durable des forêts ; le renforcement de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité afin de protéger efficacement la faune et la flore uniques du bassin du Congo.
Le lancement ambitieux du programme national « La Forêt, C’est Nous », qui fixe des objectifs historiques : la restauration de 8 millions d’hectares de terres dégradées et la plantation de 5 milliards d’arbres vient renforcer l’engagement du pays dans préservation de ses écosytèmes. La finalisation en cours de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), qui précisera les nouvelles ambitions climatiques du pays et l’opérationnalisation de l’Autorité de Régulation des Marchés de Carbone (ARMCA) et la création du Registre National Carbone, sont des outils indispensables pour garantir la crédibilité, la traçabilité et l’éthique des transactions liées aux crédits carbone.
Un appel pressant à la co-responsabilité et au financement international
Les services écologiques que la RDC rend quotidiennement à l’Afrique et à l’ensemble de l’humanité sont incalculables. C’est pourquoi la préservation de ce bouclier climatique ne peut reposer sur les seuls efforts du gouvernement congolais ; elle relève d’une responsabilité collective et mondiale.
Les autorités lancent ainsi un appel vibrant aux partenaires techniques et financiers, aux institutions multilatérales, ainsi qu’au secteur privé international pour intensifier leur soutien concret. L’argumentaire est clair : investir aujourd’hui dans les forêts, les tourbières et les solutions climatiques basées sur la nature en RDC, ce n’est pas faire une simple œuvre de charité, c’est investir directement dans la stabilité climatique et la sécurité de la planète tout entière.
En ce 5 juin, la RDC réaffirme avec force sa détermination à transformer ses défis environnementaux en opportunités de développement durable, unissant sa voix à celle de la communauté internationale pour que l’action l’emporte définitivement sur les promesses.
Alfredo Prince NTUMBA