La santé humaine est intrinsèquement liée à la santé de nos écosystèmes. Pour Jean-Louis Koyagialo, expert en gouvernance environnementale, la lutte contre des épidémies dévastatrices comme le virus Ebola ne peut plus se contenter d’une réponse purement médicale ; elle doit s’attaquer à la racine environnementale du problème. La déforestation, l’exploitation minière et la pression humaine en RDC brisent les barrières naturelles. En détruisant l’habitat de la faune sauvage, l’homme provoque des déplacements d’animaux et multiplie les contacts à risque, propices au saut de la barrière des espèces par les virus.
Si le changement climatique n’a pas créé Ebola, il agit comme un catalyseur en créant des conditions de vulnérabilité sanitaire extrêmes. L’adoption globale de l’approche « One Health » (Une seule santé), combinant surveillance éco-épidémiologique, réformes législatives (notamment sur la chasse) et gouvernance rigoureuse des ressources.
« Ebola nous rappelle que la santé humaine commence dans la forêt », souligne l’expert. « Lorsque les habitats naturels sont détruits, les barrières entre les espèces s’effondrent, favorisant la transmission de virus présents dans la faune sauvage vers les populations humaines ».
En République démocratique du Congo (RDC), le virus Ebola demeure une menace récurrente. Pourtant, la réponse à ce fléau ne devrait pas être uniquement médicale ou curative. Pour cet expert en gouvernance environnementale, la lutte contre les épidémies est avant tout un combat pour la préservation de la biodiversité.
Il n’est plus donc un secret pour qui que ce soit, la déforestation libère les virus.Le mécanisme est désormais scientifiquement documenté, mais sa prise en compte politique tarde à s’imposer. En RDC, l’intensification de la déforestation, l’exploitation non durable des ressources et l’expansion minière détruisent à un rythme effréné les habitats naturels. « Détruire la nature, c’est libérer des risques », alerte Jean-Louis Koyagialo
C’est un cri du cœur et de la raison qui résonne en cette Journée mondiale de l’Environnement. « La santé humaine commence dans la forêt ».
Selon l’expert, en rasant les forêts, l’activité humaine brise les barrières écologiques ancestrales qui séparaient l’homme de la faune sauvage. Privés de leurs habitats, les animaux porteurs de virus se déplacent, se rapprochent des communautés humaines et multiplient les interactions à risque.
Face à ce péril, l’expert plaide pour un changement radical de paradigme à travers l’approche intégrée « One Health » (Une seule santé). Cette vision interconnecte de manière indissociable la santé de l’Homme, celle de l’animal et celle de l’environnement. Sauvegarder les forêts du bassin du Congo n’est plus seulement une question de crédit carbone ou de régulation des températures ; c’est un impératif de sécurité sanitaire mondiale.
Pour traduire cette vision en actes concrets, Jean-Louis Koyagialo formule trois recommandations urgentes pour la RDC, institutionnaliser l’approche One Health en intégrant systématiquement les risques sanitaires et épidémiologiques dans toutes les études d’impact environnemental. Déployer une surveillance éco-épidémiologique tout en mettant en place des systèmes d’alerte précoce capables de surveiller l’état de santé de la faune et des écosystèmes avant que les virus ne passent à l’homme ; et enfin, réformer la législation sur la chasse
En ce 5 juin, le message de l’expert est très simple, l’action climatique et environnementale doit être pensée comme la première ligne de défense de la santé publique. Protéger la forêt, ce n’est pas seulement sauver des arbres, c’est protéger nos vies.
Alfredo Prince NTUMBA