Hydrocarbures : Le gouvernement congolais durcit les règles d’implantation et d’exploitation des stations-services

La ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a procédé ce mercredi à la signature de l’Arrêté Ministériel N° CAB/MIN-ETAT/HYD/ABM/2026. Ce texte fixe désormais les conditions strictes d’implantation et d’exploitation des stations-services (S/S) et des filling-stations (F/S) à travers tout le pays. Désormais, aucun opérateur ne pourra ériger une station-service sans une validation préalable des tous les ministères sectoriels et des experts reconnus.

Cette décision appuyée par le gouvernement congolais a été prise dans le souci d’encadrer rigoureusement la distribution des produits pétroliers, d’assurer la protection de l’environnement et de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national.

« Tout projet d’implantation est subordonné à un avis technique favorable du Ministre, délivré sur la base d’une étude de faisabilité contenant un plan d’aménagement, une étude d’impact environnemental et social, les coûts et délais, ainsi qu’un avis technique obligatoire des experts et une inspection du site par le Secrétariat Général aux Hydrocarbures », a déclaré la ministre.

Sécurité incendie : des distances minimales obligatoires

L’aménagement spatial est également revu à la hausse. L’arrêté impose une superficie minimale de 900 mètres carrés pour une station intégrant des services auxiliaires (car wash, boutique, etc.) et de 700 mètres carrés pour les installations simples. De plus, les stations devront obligatoirement disposer de voies d’entrée et de sortie distinctes, dotées d’un pavement bétonné en pente d’au moins 2%.

Le texte proscrit strictement l’érection d’habitations ou de constructions en dessous du niveau de référence de la voirie.

Le nouveau cadre réglementaire introduit des normes de distanciation strictes pour prévenir les risques d’accidents majeurs. Les périmètres de sécurité imposent désormais :

• 500 mètres de distance entre deux stations en série sur une même voie ;

• 60 mètres entre deux stations situées en diagonale (sens contraire) ;

• 100 mètres de distance par rapport aux cours d’eau ;

• 25 mètres par rapport aux lignes de haute tension.

«Pour parer aux risques d’incendie et d’explosion, l’installation d’un mur coupe-feu d’au moins 2,5 mètres de hauteur devient obligatoire. Les stations doivent également disposer d’un raccordement électrique complet à la terre (résistance maximum de 10 Ohms) ainsi que de dispositifs paratonnerres ou parafoudres».

Sur le plan opérationnel, la présence d’un bouton d’arrêt d’urgence centralisé, de caméras de surveillance, de bacs à sable et d’extincteurs homologués ABC \CO2, et extincteur sur roues de 50 kg est exigée sur chaque îlot et aire de dépotage.

Modernisation du stockage et sécurité du personnel

Sur le plan technique, l’arrêté modernise les infrastructures de stockage. Les citernes doivent impérativement être cylindriques, étanches, en acier double coque (norme ISO EN 10.025/2) et obligatoirement enterrées en fosse ou enfouies. Elles seront soumises à des tests hydrauliques à 3 bars, ainsi qu’à des contrôles d’étalonnage et de détection de fuites.

Les tuyauteries devront être en PEHD assemblées par électrofusion, reliées à des distributeurs équipés de pistolets automatiques avec des tuyaux d’au moins 4 mètres. Un code couleur de sécurité universel est instauré : Rouge pour l’essence, Noir pour le gasoil, et Jaune pour le pétrole lampant.

L’affichage dynamique des prix sur un totem d’une hauteur supérieure à 2 mètres devient la norme. Lors de la phase critique du dépotage, une liaison équipotentielle est obligatoire entre le camion-citerne et la bouche de dépotage, et toute distribution de carburant est strictement interdite pendant cette opération.

Le texte indique que pour préserver la santé des employés face aux liquides inflammables, le port des Équipements de Protection Individuelle (EPI) vêtements haute visibilité, chaussures de sécurité, gants antistatiques et masques devient obligatoire.

Un virage écologique pour lutter contre la pollution

Le volet environnemental constitue l’un des piliers majeurs de cette réforme. Pour traiter les eaux de ruissellement polluées, la présence d’un séparateur d’hydrocarbures ou décanteur de norme DIN 1999-100 est désormais exigée.

Dans le but de lutter efficacement contre la pollution du sol, chaque station devra s’équiper d’un système de collecte obligatoire des huiles usagées dans des cuvettes de rétention d’une capacité minimale de 200 litres.

Le ministère des hydrocarbures a mentionné que les opérateurs économiques du secteur pétrolier disposant déjà d’installations en activité devront se conformer à ces nouvelles directives dans les délais qui seront communiqués par son administration. Les récalcitrants seront soumis sous peine de sanctions allant du scellé à la démolition des sites non conformes.

Albert MUANDA