Vraisemblablement, c’est un éléphant blanc, qui n’a servi qu’à justifier l’argent du contribuable congolais. Il s’agit d’un projet de boisement qui n’a fonctionné que moins de deux mois, et englouti plus de 100.000 dollars du Fond Forestier national (FFN), selon une source crédible. Lancé dans la réserve de Kabunene, à Likasi (Province du haut Katanga), le 12 janvier 2022, par la vice premier ministre en charge de l’Environnement, Eve Bazaiba, ce projet de boisement de 100 hectares offre à ce jour une image désagréable qui frise la négligence dans sa mise en œuvre.
Avec exactitude, les 135.000 dollars américains décaissés en faveur de ce projet dans le souci de soutenir la vision du chef de l’Etat, n’ont servi qu’à alimenter la santé du ventre que du sol. Pour le Coordonnateur National de l’ONG Green World Solidarity, Omer Kabasele, l’échec de ce projet a été prémédité.
« Le premier péché était celui de confier la responsabilité de la mise en œuvre de ce projet à Likasi aux experts du Ministère venu de Kinshasa et qui ne maîtrisent pas plusieurs paramètres locaux dans ce type de projet », s’indigne-t-il.
Cet acteur de la société civile s’interroge sur la répartition même de l’enveloppe dédiée à ce projet tant vanté par la VPM lors de son retour du Katanga. « Pourquoi les experts de Kinshasa dont les titres de voyages, les frais de missions et leurs séjours valent une partie du budget alors que la Coordination provinciale de l’environnement dans le Haut Katanga regorge l’expertise voulue avec un personnel pléthorique qui tourne les pouces ? », s’est interrogé Monsieur Kabasele.
La précipitation pour mieux tromper

Sur le terrain, il s’est observé une précipitation dans l’exécution de la deuxième phase de ce projet. Tout cela pour justifier l’argent dépensé en ignorance de réalités locales. Dans cette deuxième phase du projet qui couvre théoriquement 80 hectares, les plantules d’une taille inférieure à 5 cm ont été utilisées au lieu d’une moyenne de 30-40 cm comme voulue sous un climat tropical sec avec ses 8 mois de sécheresse.
« Le haut Katanga, présente des conditions climatiques et édaphiques très agressives qui offrent très peu de chance aux plantules transplantées précocement de résister. Les experts de Kinshasa ont tenté sans succès de booster la croissance de plantules avec des engrais chimiques (pratique par ailleurs non écologique) qui ont malheureusement contribué à leur flétrissement suite à l’usage abusif de l’engrais NPK », a déclaré Omer Kabasele.
Les terrains reboisés n’ont pas connu de préparation. C’est soit dans les champs de maïs des pauvres paysans ou dans les adventices de plus d’un mètre qui ont étouffé les plantules de moins de 5 cm utilisées par les grands experts en reboisement venus de Kinshasa.
Le plus curieux est de constater qu’aucun suivi ni de la vice premier ministre, ni du FFN n’ a été assuré sur le terrain. Au demeurant, plus de 5 000 plantules ont été abandonnées sur le terrain. Ce projet est le prototype des actes posés souvent par les autorités du ministère de l’Environnement, chaque année dans le cadre de la célébration de la journée nationale de l’arbre. Nous y reviendrons.
Depuis Lubumbashi, Demester Maloba