Forêt : Nouveau Code forestier de la RDC, l’ANAPAC mobilise les députés pour protéger les droits des communautés

L’Alliance nationale d’appui et de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (ANAPAC RDC) a organisé, ce mardi 20 octobre 2026 à Kinshasa, un atelier de plaidoyer destiné aux députés de la commission Environnement, tourisme, ressources naturelles et développement durable. Cette rencontre visait à partager les acquis, les défis et les perspectives de la révision du Code forestier guinéen, afin d’intégrer durablement les droits des Peuples Autochtones et Communautés Locales (PACL) face aux nouveaux enjeux climatiques.

Le Code forestier actuel ne répond plus de manière adéquate aux réalités environnementales contemporaines. Les thématiques émergentes telles que les marchés du carbone, la gestion des tourbières ou les Autres Mesures de Conservation Efficaces par Zone (AMCEZ) nécessitent une harmonisation rigoureuse avec les engagements internationaux de la RDC, notamment les trois Conventions de Rio ratifiées par le pays.

Pour l’honorable Célestin Ingelemba, rapporteur de la commission parlementaire, l’actualisation de ce texte de base est une priorité absolue.

« Les urgences climatiques, l’accès au marché du carbone et surtout la reconnaissance définitive des droits des peuples autochtones et communautaires locaux posent des problèmes. Notre rôle comme législateurs sera d’écouter, de consolider et d’innover pour la bonne gestion de la biodiversité », a déclaré ce député. Il a également déploré les failles applicatives actuelles liées à la sécurisation foncière et au partage équitable des revenus forestiers.

Vingt-quatre ans après l’adoption de la Loi n° 011/2002 du 29 août 2002 portant Code forestier, la République Démocratique du Congo s’apprête à modifier en profondeur son arsenal juridique. Face à l’érosion de la biodiversité et aux exigences de la nouvelle économie du climat, l’ANAPAC RDC, avec l’appui technique et financier de l’UICN et du programme de conservation inclusive (ICI), a mobilisé les parlementaires pour lever les verrous législatifs qui pèsent sur la gouvernance forestière communautaire.

Conduite en plénière avec l’implication du Réseau des parlementaires pour la gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique (REPAR RDC), la session a permis de confronter les analyses des experts et des leaders communautaires. Le président de la commission a salué la qualité des échanges, rappelant que les députés présents siégeaient en qualité d’experts, déterminés à accompagner un changement législatif raisonnable et souverain au nom de l’intérêt national.

Les représentants des peuples autochtones ont exprimé leur satisfaction face à la sensibilité manifestée par les élus. Diel Mochire, représentant des peuples autochtones pygmées, a salué cet espace d’expression directe : « Nous sommes très conscients et ravis des efforts consentis pour améliorer les cadres légaux en faveur des communautés qui dépendent des forêts. Nous espérons que nos contributions seront intégrées de manière effective et correcte dans la loi qui sera adoptée par le Parlement », a-t-il mentionné.

L’atelier s’est clôturé sur l’engagement de la commission à maintenir un dialogue étroit avec la société civile tout au long d’un processus législatif qui s’annonce encore long, mais crucial pour l’intégrité environnementale du bassin du Congo.

Albert MUANDA