Forêt : Le projet agroforestier CAFI Kwango-Nioki (PSE-PAKN) demarre ses activié dans le Mai-Ndombe

Le projet agroforestier Kwango-Nioki (PSE-PAKN) financé par le fonds CAFI (Initiative pour les forêts d’Afrique centrale) a pour ambition de « produire plus tout en protégeant la forêt » a été lancé officiellement à Nioki dans la province de Maï-Ndombe, ce mercredi 24 juin. Cette cérémonie a été une occasion d’expliquer à la population et aux notables du secteur de Mfimi, ce projet et ses différentes initiatives dont le développement de 8 000 hectares de plantations agroforestières dans les deux zones d’intervention (Kwango et Mai-Ndombe).

Lebon Nkoso Kevani, gouverneur du Mai-Ndombe a salué le projet et invité la population à s’en approprier.  « Aujourd’hui, il est temps de comprendre que la population vit de ces projets qui nous parviennent. Le travail que vous allez devoir faire quand vous allez rentrer est de conscientiser les autres et de les appeler au travail », a-t-il déclaré.

Le PSE-PAKN, entre production et protection des écosystèmes

Le projet agroforestier Kwango-Nioki (PSE-PAKN) a pour ambition de « produire plus tout en protégeant la forêt ».  L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme de Paiements pour services environnementaux (PSE) du Bassin d’Approvisionnement de Kinshasa (PROBAK), rendu possible avec l’appui de CAFI.  Sa mise en œuvre mobilise un large réseau d’acteurs institutionnels, techniques et communautaires : le CFC intervient comme agence d’exécution, tandis que FRMi assure le rôle d’agrégateur principal, appuyé localement par plusieurs organisations partenaires.

« Il devient impératif de promouvoir des approches innovantes, capables de concilier la croissance agricole avec la protection durable de nos écosystèmes forestiers. Cette initiative représente une opportunité majeure de renforcer la gouvernance environnementale, de promouvoir les pratiques agroforestières durables. J’invite chacun de nous à une participation active et constructive afin que les échanges attendus permettent de faire face à la question de la croissance agricole et de la croissance climatique », a renseigné Nicolas Bayol, ingénieur forestier et directeur d’études de FRMi.

Le projet répond à une réalité : terres, revenus et sécurité alimentaire

Pour Jean-Marie Bolika, coordonnateur du projet, l’ambition repose sur une réponse à un besoin essentiel : celui des populations rurales en terres productives, en revenus, en sécurité alimentaire et en opportunités économiques.

« Le succès de ce projet ne se mesurera pas seulement en hectares plantés mais aussi en volume de production en associant les arbres aux cultures vivrières, notamment l’acacia et le manioc. Ce projet d’agroforesterie permettra de produire davantage sur des terres peu valorisées et de réduire progressivement la pression sur les forêts naturelles. Le producteur ne sera pas un simple bénéficiaire. Les efforts réalisés par les producteurs seront reconnus, vérifiés et rémunérés », a-t-il mentionné.

Exécution portée par la population

Afin de valoriser la main-d’œuvre locale, toutes les réalisations du projet seront conduites par la population, sous l’accompagnement des chefferies, des groupements et des villages. L’objectif est également de contribuer à la restauration des écosystèmes dégradés, au renforcement de la fertilité des sols, à l’accroissement durable de la production agricole, ainsi qu’à la création d’emplois verts et décents pour la jeunesse.

La phase de mise en œuvre du PAKN concerne aussi le secteur de Bukanga-Lonzo, territoire de Kenge, province du Kwango. Un accent particulier a été mis sur la transparence autour de l’organisation des différentes étapes, en consultation avec le chef de terre, afin de légitimer les actions locales et de garantir l’adhésion durable des communautés.

Le projet vise également environ 4 000 Fournisseurs de Services Environnementaux (FSE), pour lesquels une enveloppe de plus de 2 millions de dollars américains est prévue au titre des paiements environnementaux.

Albert MUANDA