Face aux retards administratifs et au déficit d’inspection aux postes-frontières, l’Observatoire de la Gouvernance Forestière (OGF) et le RENOI proposent des réformes concrètes pour assainir le secteur du bois d’œuvre. Lors d’un atelier tenu les 21 et 22 juillet à Kinshasa, les organisations de la société civile membres du Réseau National des Observateurs Indépendants (RENOI), ont fait le bilan d’une décennie de contrôle forestier et formulé des réponses pratiques face aux urgences du secteur.
Organisée avec l’appui technique du World Resources Institute (WRI) dans le cadre du projet régional « Renforcer la collaboration transfrontalière pour lutter contre l’exploitation forestière illégale dans le Bassin du Congo », cette rencontre avait pour objectif d’analyser deux problématiques majeures : la délivrance tardive des permis de coupe et l’absence de contrôle forestier aux frontières.
Des permis de coupe tardifs qui fragilisent la traçabilité
Selon les observations documentées par l’Observateur indépendant, les retards administratifs enregistrés dans la délivrance des permis de coupe perturbent la planification des activités des entreprises forestières.
Censé être délivré impérativement avant le début de chaque année d’exploitation, le permis de coupe constitue le document essentiel garantissant la traçabilité du bois et la conformité des opérations. En pratique, ces retards favorisent le non-respect de la réglementation, notamment par des demandes répétées de prorogation de délais et des dépassements des volumes autorisés.
L’autre préoccupation majeure soulevée lors des travaux concerne la vulnérabilité des frontières nationales. Bien que plusieurs postes frontaliers constituent des corridors stratégiques pour l’exportation des produits forestiers, l’absence d’inspecteurs forestiers spécialisés limite l’efficacité des vérifications et ouvre la voie au commerce illicite du bois.

Les participants ont souligné que le renforcement de la présence de l’administration forestière aux frontières permettrait d’améliorer la traçabilité des produits et d’accroître les recettes publiques issues de leur exploitation.
Au-delà du diagnostic, l’atelier avait pour ambition de transformer les constats issus des missions de terrain (2013-2023) en propositions concrètes de réforme. Pendant deux jours, les représentants des organisations membres du RENOI ont travaillé au sein de deux groupes thématiques. L’un dédié au respect des délais de délivrance des permis de coupe, et l’autre à la présence effective des services de contrôle forestier aux frontières.
Les conclusions de ces réflexions, adoptées en plénière, ont débouché sur l’élaboration de deux notes de position destinées à alimenter le plaidoyer de la société civile auprès des autorités compétentes.
À travers cette initiative, l’OGF entend consolider le rôle du RENOI dans le suivi des réformes afin de promouvoir une gouvernance forestière plus transparente, plus efficace et fondée sur un dialogue constructif entre institutions publiques et société civile.
La Rédaction