À l’initiative de la Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, professeure Marie Nyange Ndambo, un déjeuner d’échange de haut niveau s’est tenu à Kinshasa, ce mardi 23 juin 2026. Réunissant diplomates, experts, bailleurs de fonds internationaux et délégués du secteur privé, cette rencontre a permis de formaliser les orientations prioritaires de la co-facilitation de la République Démocratique du Congo au sein du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC).
La République Démocratique du Congo entend bien assumer pleinement son leadership environnemental au cœur du continent africain. Ce déjeuner d’échange technique et politique a marqué une étape décisive dans l’opérationnalisation de la feuille de route triennale de la co-facilitation congolaise du PFBC. Les discussions ont mis en exergue l’importance d’une synergie renforcée entre les nations d’Afrique centrale et leurs partenaires internationaux pour faire face à l’accélération de l’urgence climatique.
Fédérer les énergies et consolider le statut de « Pays-Solution »
Au centre des débats, la volonté de la RDC de dépasser les simples déclarations d’intention pour structurer une réponse coordonnée à l’échelle du bassin du Congo. La co-facilitation s’est donné pour mission de rapprocher les positions des différents collèges qui composent le PFBC (États de la COMIFAC, bailleurs, ONG, secteur privé et recherche scientifique) afin de maximiser l’impact des politiques de conservation sur le terrain.
« L’idée fondamentale au niveau de ce partenariat, c’est de parvenir à concerter et à fédérer efficacement l’ensemble des énergies. Cela concerne au premier chef nos États à travers les organisations régionales, mais implique tout autant la communauté des partenaires internationaux qui ont choisi d’apporter leur contribution stratégique et financière pour préserver l’écosystème vital du bassin du Congo », a informé Emmanuel Tsadok Mihaha, co-facilitateur du PFBC pour la RDC.
L’un des points d’orgue de ce déjeuner d’échange a concerné la viabilité financière des structures de gouvernance environnementale. Pour éviter les ruptures opérationnelles constatées lors des transitions précédentes, la co-facilitation congolaise plaide vigoureusement pour l’institutionnalisation d’un mécanisme de financement pluriannuel prévisible s’étalant sur les cinq prochaines années.
« Nous devons impérativement rompre avec les logiques de financements fragmentés et à court terme. La pérennité de nos actions de conservation et l’efficacité de la facilitation dépendent d’un engagement pluriannuel robuste. Il est capital que les équipes engagées sur le terrain disposent, dès le premier jour de leur mandat, des ressources financières et logistiques nécessaires pour impulser des réformes d’envergure », a plaidé Marie Nyange.
Ce budget dédié devrait assurer non seulement le secrétariat technique et l’organisation des réunions statutaires, mais également donner les moyens d’action indispensables à la Task Force sectorielle chargée de la mise en œuvre opérationnelle des résolutions internationales, notamment l’Appel de Berlin.
Évaluation institutionnelle pour mieux faire

Parallèlement à l’attente du rapport de la co-facilitation sortante, la RDC prévoit d’initier une évaluation institutionnelle globale du PFBC depuis sa création en 2002. Cet exercice de transparence vise à faire le bilan de deux décennies d’existence afin d’adapter le partenariat aux défis socio-économiques contemporains, incluant le marché des crédits carbone et les droits des communautés locales.
Le secteur privé et la diplomatie internationale, notamment à travers les interventions de la représentation allemande et des experts, ont réaffirmé leur alignement sur cette vision pragmatique.
« Le bassin du Congo, c’est tellement essentiel pour le climat du monde, il faut le préserver. Et je crois, avec la stratégie qu’ils ont élaborée, qui est ambitieuse, et qui dépasse aussi les capacités de la RDC, il est juste de faire ce plaidoyer pour une coopération internationale. Parce que, comme je dis, c’est un bien public international. Et je crois que la communauté internationale est prête à soutenir la RDC », a rassuré Ingo Herbert, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République fédérale d’Allemagne à Kinshasa.
En effet, lors de cet échange, l’accent a également été mis sur la nécessité absolue d’inverser durablement la courbe de la déforestation en investissant dans des alternatives économiques viables pour les populations locales.
« La préservation des forêts ne se fera pas contre les populations, mais avec elles. Le secteur privé a un rôle majeur à jouer en injectant des investissements durables et en créant des chaînes de valeur responsables. La co-facilitation congolaise offre le cadre de confiance indispensable pour sécuriser ces partenariats public-privé de nouvelle génération », a déclaré Professeur Jean-Robert Bwangoyi, directeur-pays de Wildlife Works Carbon.
Ce déjeuner d’échange pose ainsi les jalons d’un leadership renouvelé pour la RDC, déterminé à faire entendre la voix du Bassin du Congo lors des prochaines échéances climatiques mondiales.
Alfredo Prince NTUMBA