Dans un communiqué officiel rendu public le 30 septembre 2026, à Kinshasa, la Direction Générale de la Société Nationale d’Électricité (SNEL) a tapé du poing sur la table : dès le jeudi 1er octobre 2026, tout abonné qui ne sera pas en règle avec le paiement de ses factures verra sa fourniture électrique interrompue sans sommation.
Une annonce ferme qui, loin d’inciter au recouvrement, suscite un véritable tollé au sein de la population kinoise. La réplique des usagers ne s’est pas faite attendre dans la ville province de Kinshasa. Plus que de la colère, c’est un ras-le-bol généralisé qui s’exprime dans les quartiers de la capitale. Plusieurs ménages refusent de payer des factures du « courant fantôme ».
« Que la SNEL fasse ce qu’il veut ! nous en avons marre. C’est rare de passer même une demi-journée avec l’électricité. Nous ne sommes alimentés qu’à partir de minuit ou 1heure du matin, pour être coupés à 5 heures. Que faisons-nous avec le courant pour le payer ? » S’interroge un abonné de la Commune de Bumbu.
L’étincelle de trop entre la SNEL et ses abonnés ?
Pour la majorité des habitants, l’électricité demeure un produit de luxe, caractérisé par des délestages chroniques, des baisses de tension intempestives et des coupures qui durent parfois plusieurs semaines, voire des mois.
« Payer oui, mais pour quoi ? », s’insurgent de nombreux abonnés. La population dénonce une injustice profonde : l’obligation de s’acquitter mensuellement de factures forfaitaires pour une énergie qu’elle n’a pratiquement pas consommée. Facturer un service non rendu est devenu le point de discorde majeur entre la compagnie publique et les ménages.
La rupture est consommée
Fatigués de cette situation qu’ils jugent absurde, beaucoup de Kinois choisissent désormais la voix de la résistance passive. Face à la menace de coupure brandie par la SNEL, la réponse d’un grand nombre d’abonnés est catégorique : un refus net d’honorer les factures. Beaucoup invitent ironiquement la société nationale à « faire de son courant ce qu’elle veut », préférant se passer définitivement d’un service théorique plutôt que de continuer à alimenter une dette qu’ils estiment injustifiée.
Cette épreuve de force remet en lumière l’urgence d’une réforme profonde du secteur électrique en République Démocratique du Congo, notamment par la généralisation des compteurs à prépaiement (Cashpower), seule alternative crédible aux yeux des usagers pour ne payer que l’énergie réellement consommée. En attendant, le bras de fer ne fait que commencer, et Kinshasa risque de s’enfoncer un peu plus dans le noir.
« Même le cashpower n’est plus que l’ombre de lui-même. Nous ne comprenons rien du tout. J’utilise ce système depuis l’année 2019. C’était bien. Le courant était permanent. Mais là, nous n’en avons plus ! que veulent-ils que nous payions exactement ?» S’est indignée Jeannette Musambi, habitante du quartier Mbudi, dans la Comune de Mont Ngafula.
Sarah MANGAZA
Le piège du « courant fantôme »
À Kinshasa, la réplique des usagers ne s’est pas faite attendre. Plus que de la colère,La population dénonce une injustice majeure : l’obligation de s’acquitter mensuellement de factures forfaitaires pour du « courant fantôme », une énergie qu’elle n’a pratiquement pas consommée.
« Que la SNEL fasse ce qu’elle veut ! Nous en avons marre. C’est rare de passer même une demi-journée avec l’électricité. Nous ne sommes alimentés qu’à partir de minuit ou 1 heure du matin, pour être coupés dès 5 heures. Que faisons-nous avec ce courant pour devoir le payer ? »
— Un abonné de la commune de Bumbu
Facturer un service non rendu est devenu le principal point de discorde entre la compagnie publique et les ménages kinois.
Même le système à prépaiement ne rassure plus
Pour beaucoup d’observateurs et de citoyens, la solution résidait dans la généralisation des compteurs à prépaiement (Cashpower), présentés comme l’unique alternative crédible pour ne payer que l’énergie réellement consommée. Mais sur le terrain, le désenchantement est total.
« Même le Cashpower n’est plus que l’ombre de lui-même. Nous ne comprenons plus rien. J’utilise ce système depuis 2019 : au début c’était bien, le courant était permanent. Mais aujourd’hui, nous n’en avons plus du tout ! Que veulent-ils que nous payions exactement ? »
— Jeannette Musambi, habitante du quartier Mbudi (Commune de Mont-Ngafula)
La rupture est consommée : vers une résistance passive
Face à cette situation jugée absurde, la rupture semble consommée. De nombreux Kinois font désormais le choix de la résistance passive. À la menace de coupure brandie par la SNEL, la réponse est catégorique : un refus net d’honorer les factures. Beaucoup invitent ironiquement la société nationale à « faire de son courant ce qu’elle veut », préférant se passer définitivement d’un service théorique plutôt que d’alimenter une dette qu’ils estiment injustifiée.
Ce bras de fer remet au centre du débat la responsabilité des autorités compétentes. Sans une intervention urgente du gouvernement pour restaurer l’équilibre entre la facturation et la fourniture effective du courant, Kinshasa risque de s’enfoncer un peu plus dans le noir et la crise sociale.