Couloir Vert Kivu–Kinshasa, le gouvernement congolais répond à Greenpeace et réaffirme son engagement pour un développement durable et souverain

Face aux récentes alertes soulevées par Greenpeace Afrique concernant le Couloir Vert Kivu–Kinshasa (CVKK), le Ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat s’est officiellement exprimé par la voix de sa ministre, la Professeure Marie Nyange Ndambo. Dans une mise au point ferme mais ouverte au dialogue, publiée ce vendredi 25 septembre 2026, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo entend clarifier sa vision et apporter des précisions techniques essentielles sur la gestion de cet espace écologique majeur.

Rigueur cartographique et nuance technique

En réponse à la note d’orientation publiée le 27 juillet 2026 par Greenpeace Afrique, qui évoquait notamment un chevauchement du Couloir Vert à 72 % avec des blocs pétroliers et à 23 % avec des concessions minières, le Ministère appelle à la prudence et à la rigueur scientifique.

Le Gouvernement souligne qu’une simple superposition géographique sur carte ne traduit pas automatiquement l’exercice d’une activité extractive effective sur le terrain. Il convient de faire la distinction entre blocs proposés et attribués, permis de recherche et titres d’exploitation, ou encore titres administratifs et projets réellement opérationnels. Les décisions stratégiques du pays ne sauraient reposer sur la seule juxtaposition de données cartographiques non confrontées aux cadastres officiels et aux réalités du terrain.

Concilier conservation de la nature et développement humain

Initié sous l’impulsion du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, et lancé en janvier 2025, le projet du Couloir Vert Kivu–Kinshasa vise à préserver les forêts primaires, les tourbières et la biodiversité tout en promouvant le progrès économique et social des populations locales et des peuples autochtones.

La RDC adopte ainsi l’approche MAB (Man and Biosphere) : une conservation déconnectée des réalités sociales n’est pas viable, tout comme une exploitation effrénée détruisant les écosystèmes est inacceptable. Le pays revendique pleinement sa souveraineté sur ses ressources naturelles, perçue non pas comme un droit d’exploiter sans limite, mais comme la responsabilité de planifier et de protéger rigoureusement les zones écologiquement sensibles (aires protégées, tourbières, forêts intactes).

Vers une gouvernance renforcée et interministérielle

Afin de consolider la gouvernance du projet, le Ministère annonce le soutien à la création d’une mission technique interministérielle. Associent notamment l’Environnement, les Mines, les Hydrocarbures, l’Aménagement du territoire, les Affaires foncières, l’ICCN et les services cadastraux, cette mission aura pour mandat d’établir une cartographie officielle consolidée. Elle permettra d’identifier clairement le statut juridique des terres, d’arbitrer d’éventuels chevauchements et d’assurer une cohérence globale.

De plus, toute nouvelle activité dans le périmètre du Couloir sera évaluée au cas par cas. La protection de l’environnement, les études d’impact, la participation communautaire ainsi que le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) demeurent des exigences centrales.

Un appel à la solidarité financière internationale

Le Ministère rappelle également que la préservation d’un patrimoine naturel de portée mondiale doit générer des retombées directes pour les communautés riveraines (emplois, infrastructures, énergie). Pour ce faire, la RDC plaide pour une mobilisation accrue des financements climatiques et de la biodiversité, afin de récompenser équitablement les services écosystémiques rendus à la planète.

Reconnaissant les inquiétudes de la société civile, le Gouvernement réaffirme sa disposition à maintenir un dialogue constructif et transparent avec Greenpeace Afrique, les scientifiques et les partenaires internationaux, sur la base de données vérifiables et du respect des lois de la République.

Alfredo Prince NTUMBA