À la suite d’une visite d’inspection sur le terrain le 02 septembre 2026 à Muanda, dans le Kongo-Central, la Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du Climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, a dressé un constat alarmant sur la dégradation continue des mangroves. D’une superficie de 768 km², ce site créé en 1992 et classé zone Ramsar depuis 1996 constitue l’unique sanctuaire du genre en République Démocratique du Congo. Élément central de la régulation climatique et zone stratégique de reproduction halieutique, cet écosystème est aujourd’hui gravement menacé.
« Les mangroves, c’est un écosystème spécial, unique. Leur destruction va priver la République d’une richesse en biodiversité incommensurable », a déploré la professeure Marie Nyange Ndambo. « Il y’a des espèces de poissons qui ne peuvent vivre et se reproduire que les mangroves. Détruire cet écosystème pourra faire disparaître ces espèces à jamais. Voilà pourquoi il y’a urgence d’agir ».
D’après la ministre, le Parc Marin des Mangroves constitue un actif forestier stratégique. Ses écosystèmes de palétuviers représentent des puits de carbone bleu majeurs, justifiant leur pleine intégration dans les programmes de valorisation environnementale et de crédits carbone.

Fort malheureusement sur place, la réalité s’avère complexe. Des populations délocalisées en raison des aménagements du port en eau profonde de Banana, notamment celles du village Lemvo, ont entrepris de déboiser certaines zones pour pallier le manque d’équipements publics. Cependant, les dégradations dépassent le cadre local : de larges portions du parc auraient été accaparées par des acteurs privés sous le couvert de concessions villageoises.
Toutefois, le constat de terrain dépasse le cadre strict du développement communautaire. De larges portions du parc auraient été accaparées par des acteurs privés sous couvert des concessions villageoises.
Rappelant la primauté du statut de zone protégée sur toute revendication d’achat privée, la ministre promet des sanctions juridiques et administratives fermes une fois l’évaluation technique achevée. « Quoi qu’il en soit, les gens qui ont occupé les mangroves après la création du Parc Marin des Mangroves sont dans l’illégalité. Et l’État va trancher », a-t-elle affirmé.

Par ailleurs, ffin de démêler les droits d’usage légitimes des actes d’usurpation foncière, la professeure Marie Nyange Ndambo a décidé d’engager une démarche méthodique. L’analyse des titres d’octroi pour définir avec exactitude la superficie initiale de l’espace de survie accordé aux populations ; le croisement des données géospatiales actuelles avec les cartes historiques du parc pour identifier précisément les périmètres spoliés ; et le lancement d’un programme de reboisement et de restauration écologique sur l’ensemble des terres qui seront réintégrées dans le domaine public de l’État.
Notons que cette mission conjointe organisée avec le Ministère du Tourisme revêt une importance capitale dans la mesure où la ruée vers la plage de Muanda menace gravement ce parc de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature.
Selon les experts, si cette menace persiste, le Parc marin de Mangrove pourrait perdre son statut sur la liste de site de RAMSAR.
Depuis Muanda, Alfredo Prince NTUMBA