Abandonné depuis plusieurs décennies et confronté au vieillissement de ses installations, le Jardin zoologique de Kinshasa entre dans une nouvelle ère. Notre visite du lieu, ce vendredi 17 juillet, nous a permis de découvrir un vaste chantier de réhabilitation et de modernisation en pleine exécution. Des travaux amorcés sous l’impulsion de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) et avec le soutien financier et technique de l’organisation indienne Vantara.
« Ces travaux visent à rénover ce jardin zoologique qui, comme vous l’avez remarqué, était complètement abandonné depuis très longtemps. Le comité de gestion de l’ICCN a mené des démarches et nous sommes tombés sur la bonne volonté de nos partenaires indiens de Vantara, un centre mondial de sauvetage des animaux. C’est un don qui nous est offert pour nous faire un zoo moderne, le meilleur de l’Afrique centrale », a indiqué Bruno Matata, directeur chef de site du Zoo de Kinshasa.
Une transformation en profondeur
Les travaux, exécutés sur le terrain avec le soutien des ingénieurs indiens dépêchés à Kinshasa par Vantara, ont déjà franchi les premières étapes. Terrassement, fouilles et fondations pour de nouveaux édifices. L’objectif global est de repenser entièrement l’espace pour offrir des enclos en semi-liberté adaptés aux spécificités des différentes espèces (notamment les primates), tout en réorganisant les zones administratives et médicales.

« Nous avons entamé la construction de deux bâtiments essentiels, l’administratif et l’hôpital vétérinaire. Les travaux de fouille et de fondation sont en cours. L’ensemble du projet comprendra les enclos, les bâtiments ainsi que les espaces aménagés pour les animaux. Les travaux ont débuté il y a trois semaines et la durée totale du projet est estimée à deux ans », a précisé Steve Nsasu, architecte trouvé sur le chantier.
Ce projet ambitieux vise à transformer l’historique parc animalier de la capitale en un espace moderne répondant aux normes internationales de conservation, de bien-être animal et d’accueil des visiteurs.
« C’est un endroit historique, on ne peut pas le négliger. En tant qu’ingénieure, quand on construit, on aime faire quelque chose de durable et en toute sécurité », a déclaré Rebecca Bilonda Mbikayi, ingénieure sur le chantier.
Sur ce site de plus de six hectares, le choix des matériaux de construction n’est pas anodin. Tout est fait avec minutie afin de garantir la durabilité et le confort.
« Pour les matériaux, nous choisissons la haute qualité : par exemple pour les armatures, nous sélectionnons ce qu’il y a de meilleur pour garantir la solidité de la structure. Durant l’excavation, nous avons croisé des problèmes de remontée capillaire dus à la qualité du sol, ce qui nous a obligés à descendre plus en profondeur que prévu pour assurer la durabilité du bâtiment R+1 », a-t-précisé.

Outre les matériaux trouvés localement, plusieurs autres devront être importés. C’est le cas notamment de maillages métalliques de forte épaisseur en acier inoxydable de type 316L résistant à la corrosion pour les volières, les enclos de primates et les félins. Des verres trempés et feuilletés qui seront installés sur les façades d’observation des visiteurs pour offrir une visibilité panoramique tout en assurant une isolation phonique et une sécurité maximale.
Bref, la conception des enclos et des espaces de vie repose sur une combinaison de matériaux de construction haute résistance, de technologies de contrôle climatique et d’éléments naturels.
Un espoir qui renait
Une fois les travaux achevés, Kinshasa disposera à nouveau d’un véritable poumon vert au cœur de la ville, alliant conservation de la faune, recherche scientifique, éducation environnementale et espaces de loisirs pour la population.
« À la fin des travaux, les Kinois pourront retrouver nos espèces endémiques comme les bonobos, les okapis ou le paon congolais, mais aussi de nouvelles espèces exotiques dans des conditions d’espace et de semi-liberté conformes aux normes internationales », a annoncé Monsieur Matata.
Rappelons qu’au-delà de la remise à neuf des infrastructures physiques, ce partenariat inclut un volet de renforcement des capacités techniques. Plusieurs agents et vétérinaires de l’ICCN ont déjà bénéficié de programmes de formation approfondie en Inde auprès des équipes de Vantara sur le soin et le bien-être animal.
La Rédaction