À l’occasion de la clôture officielle du mois de l’environnement en République Démocratique du Congo, l’ONG Juristes pour l’Environnement au Congo (JUREC) a dressé le bilan d’une campagne intense menée tout au long du mois de juin, marquée notamment par quatre webinaires thématiques majeurs ayant réuni plus de 400 participants autour de l’urgence climatique.
À travers la voix de son président, Felix Lilakako Malikuka, l’ONG spécialisée en droit de l’environnement a lancé un plaidoyer vibrant pour des réformes juridiques profondes et immédiates en RDC.
« À l’heure du bilan, l’ONG JUREC souhaite partager trois messages fondamentaux : Le changement de modèle n’est plus une option pour demain, c’est une obligation immédiate. JUREC appelle à une coordination accrue des actions de tous les secteurs. La maîtrise des savoirs environnementaux par les parties prenantes est le premier levier de la résilience communautaire. Les webinaires du mois de juin 2026 ne constituent pas une action isolée, mais le point de départ d’un réseau renforcé d’acteurs outillés pour influencer positivement les politiques publiques et territoriales », a-t-il précisé.
S’alignant sur le thème mondial 2026 des Nations Unies, « Maintenant pour le climat », JUREC rappelle que l’inaction face à la crise écologique n’est plus une option. Sans mesures fortes, l’exposition à la pollution atmosphérique augmentera de 50 % au cours de la décennie, tandis que le volume de déchets plastiques dans les écosystèmes aquatiques triplera d’ici 2040.
« C’est ce cri d’alarme de la communauté internationale face à l’urgence climatique qui a sonné fort dans nos oreilles et nous a amené à lever une option, parmi tant d’autres d’agir. Mais quand est-ce qu’il faut agir ? Comment agir ? Et avec qui agir ? », a indiqué Monsieur Lilakako.
Pour porter ce message et outiller les acteurs de terrain, JUREC a fait du mois de juin un catalyseur de compétences. Pas moins de quatre webinaires interactifs ont été organisés chaque lundi, brassant un public diversifié : cadres de l’administration, professeurs d’université, chercheurs, étudiants, femmes, jeunes et leaders de la société civile.
Bien que la RDC abrite la deuxième plus vaste forêt tropicale au monde (couvrant plus de 155 millions d’hectares) et stocke à elle seule 60 milliards de tonnes de gaz à effet de serre dans le bassin du Congo, la déforestation et la pauvreté continuent de s’y aggraver. De plus, le pays émet très peu de gaz à effet de serre (à peine 56,11 Mt en 2023).
L’ONG JUREC pointe du doigt plusieurs faiblesses structurelles majeures qui bloquent l’action climatique nationale. Il s’agit notamment de l’absence d’une politique claire et d’une loi spécifique sur les changements climatiques. Une très forte subordination aux financements extérieurs et l’absence totale de lignes budgétaires climatiques spécifiques dans le budget de l’État congolais, et le manque de considérations climatiques au sein des politiques publiques globales.
Pour pallier ces manquements, JUREC a formulé une série de recommandations concrètes et audacieuses à l’endroit du gouvernement congolais et de ses partenaires. L’ONG a plaidé pour la Consécration officielle et pérenne du mois de juin comme « mois de l’environnement » en RDC, à l’instar de ce qui se fait pour le mois de la femme.
Réagissant à la question du pourquoi faire cavalier seul dans ce plaidoyer aussi important, Ali Bibi, assistante technique à JUREC a précisé que ce n’est qu’un début. « Nous traçons le chemin et espérons que les autres vont suivre. Nous allons saisir officiellement le gouvernement pour consacrer le mois de juin à l’environnement ».
Par ailleurs, JUREC plaide pour la mise en place des programmes de formation spécifiques pour les magistrats et le personnel judiciaire, la création des juridictions spécialisées en matière environnementale par le biais d’une loi organique. « Il faut Structurer, former et accompagner rigoureusement l’équipe nationale des négociateurs afin de garantir une participation efficace de la RDC aux prochaines Conférences des Parties (COP) », a recommandé l’ONG JUREC.
En clôturant ce mois intense, l’ONG JUREC réaffirme que les webinaires de juin 2026 ne constituent pas une action isolée, mais bel et bien le point de départ d’un réseau renforcé d’acteurs outillés pour influencer positivement l’avenir environnemental du pays.
Alfredo Prince NTUMBA