À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, la Convention des Nations Unies (CNULCD) a lancé un avertissement sévère : jusqu’à la moitié des terres de parcours (rangelands) mondiales sont dégradées ou menacées. Cette crise, accentuée par la hausse des températures et l’intensification des sécheresses, met en péril la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau et la biodiversité à l’échelle planétaire.
Les terres de parcours, un géant économique et nourricier menacé, occupent plus de la moitié de la surface terrestre, soutiennent deux milliards de personnes et fournissent près de 70 % de l’alimentation mondiale du bétail. Pourtant, ce système de production reste l’un des plus sous-estimés au monde.
L’année 2026 marque également l’Année internationale des parcours et des pastoralistes. Dans un message vidéo, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré : « C’est une opportunité de soutenir les pastoralistes et les peuples autochtones, dont les connaissances traditionnelles peuvent aider à sauvegarder ces écosystèmes. »
Placée sous le thème « Terres de pâturage : Reconnaître. Respecter. Restaurer. », l’édition 2026 a été accueillie par le gouvernement du Kenya dans le comté de Kilifi. Un choix symbolique, puisque les zones arides et les terres de parcours couvrent environ 80 % du territoire kenyan.
Une crise planétaire, de l’Eurasie à l’Amérique du Sud
La dégradation n’épargne aucune région. En Eurasie, la plus grande région de pâturage continu au monde (8 000 km) subit de plein fouet le changement climatique. Les prairies y affichent une baisse de 43 % de productivité lors des sécheresses extrêmes. En Amérique du Sud : Le Grand Chaco, le Cerrado et la Pampa sont fragmentés par l’expansion agricole intensive et la déforestation.
En Afrique australe : Où 70 % des terres servent au pâturage, des pays comme le Zimbabwe et l’Angola réactivent des systèmes de gestion traditionnels et le pâturage tournant pour restaurer les sols.
L’espoir par la restauration
Des solutions viables existent : pastoralisme mobile, systèmes sylvopastoraux et intégration des savoirs autochtones permettent aux sols de se régénérer. En bonne santé, ces écosystèmes résistent mieux aux sécheresses grâce à leurs racines profondes.
Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD, a exhorté : « Les connaissances et les solutions existent déjà. Le défi consiste maintenant à intensifier les investissements. »
Ces enjeux seront au cœur de la COP17 de la CNULCD, qui se tiendra à Oulan-Bator, en Mongolie, du 17 au 28 août 2026, afin de débloquer les financements nécessaires à la restauration mondiale des terres.
Sarah MANGAZA