Biodiversité : Des juges et magistrats en formation en matière de criminalité faunique en RDC

L’ONG Juristes pour l’environnement au Congo (JUREC RDC) a procédé au lancement de sa deuxième session de formation de mentorat en matière de criminalité liée aux espèces sauvages. Cette activité, mise en place avec le soutien financier de l’INL et l’appui technique de l’African Wildlife Foundation (AWF), s’adresse à 10 juges et magistrats issus de Mbandaka, Boende, Kinshasa, Matadi, Kolwezi et Dilolo. Cette session de renforcement des capacités lancée ce lundi 21 septembre entre dans le cadre du programme « Lutte contre le trafic illégal de la faune sauvage, du bois et des autres ressources naturelles en République démocratique du Congo ».

Prenant la parole, Me Félix Lilakako, formateur, a souligné́ que l’efficacité des actions judiciaires passe autant par la maîtrise des textes que par le développement de compétences professionnelles.

« L’objectif est de renforcer l’application des lois sur la faune en République démocratique du Congo. Il ne suffit pas seulement que les magistrats soient outillés sur les questions juridiques liées à la criminalité faunique. Ils ont également besoin de certaines compétences professionnelles pour bien faire leur travail. Il s’agit notamment de la communication, de l’éthique, de la déontologie, du management, du leadership, ainsi que de la collaboration interinstitutionnelle et de la coopération internationale », a-t-il déclaré.

Sous le thème « Compétences professionnelles », les modules de cette deuxième session sont conçus pour améliorer la manière dont les juges et magistrats interagissent avec les parties prenantes, aussi bien dans qu’en dehors de la salle d’audience.

Cette approche a été saluée par l’African Wildlife Foundation (AWF), qui estime que l’évaluation des témoignages, la consignation rigoureuse des procédures et la consolidation de la confiance du public reposent sur une communication éthique et efficace. Pour Maître Djo Kasongo, membre de la fondation AWF, cette formation constitue une étape importante dans l’amélioration de la justice ménée en matière de protection de la biodiversité.

« Toutes les thématiques de cette deuxième session sont importantes pour parfaire la connaissance des juges et magistrats. Nous sommes en train de partir étape par étape afin de prendre en compte tous les aspects qui entourent la commission, mais aussi les actions en faveur de cette lutte contre cette forme de criminalité qui constitue aujourd’hui une des menaces principales », a-t-il indiqué.

Dans la mise en œuvre de ce projet, l’Institut national de formation judiciaire (INAFORJ) et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) agissent comme partenaires privilégiés de JUREC RDC afin de renforcer les capacités des magistrats, en particulier sur les volets liés à la criminalité faunique. « Nous osons croire que cette formation contribuera au renforcement d’application de la loi faunique par les cours et tribunaux de la RDC, pour que nous puissions avancer vers un monde où l’humain serait en mesure de vivre en harmonie avec la nature, au travers de la riche contribution de l’action répressive des cours et tribunaux », a insisté Monsieur Lilakako.

Selon les organisateurs, les villes retenues ont été préidentifiées en raison de la fréquence des cas liés à la criminalité faunique. Il s’agit de zones correspondant à des zones d’extrémité et à des points chauds de la lutte contre ce phénomène, dans lesquelles un fort flux de trafic a été observé.

« La particularité de ce projet, c’est qu’il s’agit d’une intervention qui a lieu effectivement en aval. Nous espérons trouver des partenaires disponibles pour accompagner d’autres sites, afin de bien cerner tous les enjeux et les réponses de la RDC, et mutualiser les efforts pour lutter efficacement contre la criminalité faunique », a plaidé Félix Lilakako.

Les échanges, prévus sur une durée de trois jours, s’articulent autour de trois thèmes majeurs : les techniques de communication, les normes professionnelles, ainsi que la collaboration et le réseautage.

Albert MUANDA