Le cabinet C&S Expertise a lancé ce mercredi 4 novembre 2026, son projet communautaire dénommé « Carbone Zéro Émission Plastique 2030 » (ZERO30). Appuyée par plusieurs agences des Nations Unies (UNICEF, l’UNESCO, ONU-Habitat), le réseau U-Report, ISMAILI CIVIC, ainsi que les ministères de la Politique de la Ville, de l’Environnement et de l’Intérieur, cette initiative propose une réponse collective, économique et environnementale à la crise du plastique en République démocratique du Congo.
L’ambition première du projet repose sur une transformation radicale du comportement des consommateurs. L’objectif est d’instaurer un système décentralisé au niveau des avenues et des quartiers où chaque commerce de proximité devient un maillon de la chaîne de valorisation.
« Nous allons travailler sur la mentalité du consommateur pour qu’il ne jette plus le plastique, pour qu’il ne brûle plus le plastique, mais qu’il le remette. Grâce à cette technique, nous allons faire disparaître le plastique à travers l’éducation, l’éco-citoyenneté et surtout le développement des opportunités entrepreneuriales. Chaque boutique qui vend du plastique deviendra un point de collecte, comme cela se fait dans d’autres pays. », a déclaré le directeur général et membre du Conseil d’Administration de C&S Expertise, Junior Tshiteya.
Ce projet s’aligne directement avec la stratégie de la Régie de gestion des déchets de Kinshasa (REGEDEK), axée sur la structuration de la collecte primaire à la source. Fanny Aude Salmon, directrice générale de la régie, a souligné l’importance de canaliser les déchets vers un système durable.
Mme Salmon a rappelé que, dans le cadre du projet « Kin la Belle » soutenu par la Banque mondiale, des fonds importants ont été mis à disposition pour moderniser le centre d’enfouissement de Mpasa et en développer deux nouveaux à Luzizila et Ndjili Brasserie. « L’objectif est d’en faire des centres de valorisation et d’enfouissement technique. Je crois profondément que le business model mis en place aujourd’hui permettra de générer des fonds pour financer toute la chaîne de valeur de l’assainissement et investir dans de nouvelles infrastructures », a-t-elle précisé.
Le modèle ZERO30 repose sur un écosystème à quatre piliers : l’éco-citoyenneté des consommateurs, l’éco-responsabilité des producteurs, l’éco-entrepreneuriat des jeunes et l’éco-investissement. Selon l’Hôtel de Ville de Kinshasa, les bénéfices générés seront réinvestis dans des projets communautaires d’agroforesterie pour absorber les émissions de carbone et développer le milieu rural.
Junior Tshiteya, directeur général de C&S Expertise, a détaillé le potentiel financier et environnemental majeur de cette filière d’ici 2030 :
• 1,2 milliard de dollars : C’est le chiffre d’affaires annuel potentiel estimé sur la base de 4 millions de tonnes de déchets d’ici 2030, à raison de 300 dollars de revenus par tonne recyclée (chiffres Banque mondiale et PNUE).
• 2,9 tonnes de CO2 : C’est le gain carbone économisé pour chaque tonne de plastique qui n’est pas brûlée.
• 4 crédits carbone : C’est le potentiel généré par tonne de plastique recyclé (une tonne recyclée représentant environ 8 tonnes de gain CO2).
« Nous parlons de millions de tonnes de crédits carbone industriels qui peuvent être mobilisés pour transformer durablement cette économie », a renchéri Junior Tshiteya.
Pour assurer le succès de la sensibilisation, le projet s’appuie sur la force de frappe du réseau U-Report. Fort de ses 350 communautés et de ses quelque 10 millions de jeunes membres à travers la RDC, ce réseau portera le message de la gestion rationnelle et du recyclage des déchets.
Après son coup d’envoi dans la capitale, l’initiative « Carbone Zéro Émission Plastique 2030 » sera progressivement déployée dans quatre autres villes clés du pays : Kolwezi, Lubumbashi, Kisangani et Matadi, afin de généraliser cette nouvelle économie verte sur l’ensemble du territoire national.
Albert MUANDA