Assainissement : La chasse aux marchés pirates et terrasses anarchiques s’accélère à Limete

L’opération visant à libérer les emprises de l’État à Kinshasa poursuit sa marche. Ce mercredi 02 septembre, les équipes de démolition et d’assainissement de la ville de Kinshasa ont procédé à l’évacuation et à la destruction de tous les marchés pirates, terrasses, bars et autres activités installés dans les rues et avenues de la commune de Limete.

Dès les premières heures de la matinée, les bulldozers de l’hôtel de ville, fortement encadrés par les forces de l’ordre, ont investi les principales artères de cette municipalité résidentielle et industrielle. Des étals de fortune brisés, des chaises de terrasses confisquées et des constructions anarchiques rasées : le dispositif affichait la fermeté des autorités urbaines.

« Vous avez été prévenu, malheureusement vous n’avez pris aucune précaution en pensant que ça allait passer comme d’habitude. Cette fois-ci, ce n’est pas le cas. Nous allons revenir autant de fois qu’il faudra. Nous avons l’instruction de n’en laisser aucun marché pirate. J’espère que vous avez compris », a déclaré un membre du service d’assainissement, relayant la position des autorités.

Désengorger les voies publiques, réduire les nuisances

Selon l’administration municipale, cette nouvelle phase vise à désengorger les voies publiques, souvent asphyxiées par le commerce informel et les nuisances sonores. Pour les autorités, l’occupation illégale des trottoirs ne doit plus être tolérée.

Les tenanciers de bars et de commerces de rue sont ainsi appelés à intégrer les espaces officiels dédiés aux marchés, afin de libérer durablement le passage des piétons et des véhicules. Les contrôles et opérations de suivi sont annoncés, afin d’éviter le retour de pratiques jugées “illégales”.

L’espace, présenté comme un lieu de jeu, mais transformé en terrasse et bar non loin de l’hôpital HJ et tout près du boulevard Lumumba, a été réduit à néant lors de cette opération. Une action qui confirme, selon la ville, la volonté de restaurer l’ordre urbain et la discipline d’occupation de l’espace public.

Travail de l’administration, attentes des commerçants

Si du côté des services d’assainissement l’opération est présentée comme une routine de salubrité et d’encadrement urbain, du côté des vendeurs et des propriétaires de terrasses, l’ambiance reste tendue. Plusieurs déplorent l’absence de solutions de relocalisation jugées viables.

« C’est difficile ce temps ici. Ce petit commerce constitue notre gagne-pain. Vous nous demandez de rejoindre le marché. Mais rejoindre un marché n’est pas facile non plus : il faut payer pour l’étalage, à des prix exorbitants, souvent plus élevés que nos bénéfices du mois. Ici à Limete, il n’y a pas un marché construit qui peut nous contenir », a scandé une vendeuse, exprimant la détresse d’une partie du secteur informel.

Vers l’extension dans d’autres communes

La ville de Kinshasa, de son côté, réaffirme sa détermination à redorer l’image de la capitale. Elle prévient que l’opération va s’étendre à d’autres communes dans les prochains jours. Les équipes de l’hôtel de ville de Kinshasa mènent cette opération en collaboration avec le service national commis pour l’assainissement de la ville de Kinshasa, dans le but de garantir l’application stricte des décisions relatives à la gestion des espaces publics.

Signalons que  le dispositif se poursuit sur le terrain, tandis que les autorités municipales appellent la population et les tenanciers à privilégier les circuits officiels pour permettre une ville plus propre, plus sûre et mieux organisée. Les autorités indiquent que les vendeurs identifiés devront se conformer aux espaces autorisés.  Des actions de contrôle et de sensibilisation seraient prévues avant, pendant et après les opérations de démolition. 

Albert MUANDA