Le paysage énergétique de la République Démocratique du Congo franchit un cap historique. Le ministre des ressources hydrauliques et de l’électricité, Aimé Sakombi Molendo, a procédé ce jeudi 15 octobre à Kinshasa à la création officielle du service national de dispatching (SND). Par cette décision, le pays se dote désormais d’un centre de pilotage du système électrique national totalement indépendant de la Société nationale d’électricité (SNEL S.A).
A en croire le ministre Sakombi Molendo, la création de cet établissement public par décret permet au pays de « franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son système électrique. L’avènement du SND intervient précisément dans le cadre de la libéralisation du secteur énergétique congolais».
La RDC abrite pourtant l’un des plus grands potentiels hydroélectriques d’Afrique, notamment grâce aux infrastructures d’Inga. Malgré cette richesse, les grandes villes congolaises font face à un paradoxe criant : elles peinent à être alimentées en électricité en continu.
Les délestages chroniques et les coupures intempestives exaspèrent au quotidien la population et freinent le développement économique. Le gouvernement congolais espère ainsi accroître l’efficacité de la distribution d’énergie, attirer de nouveaux investissements privés et garantir une gestion transparente et autonome des infrastructures stratégiques du pays.
Cette réforme structurelle s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et sous la coordination de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka.
Selon le ministère de tutelle,« le SND constitue une avancée structurante vers un système électrique national mieux coordonné, plus fiable et capable de répondre équitablement aux besoins des ménages et des industries».
Concrètement, le Service national de Dispatching aura pour missions principales :d’assurer la conduite coordonnée de la production et du transport de l’électricité sur l’ensemble du territoire national, d’optimiser en temps réel les flux d’énergie sur le réseau pour limiter les pertes et les pannes économiques et coordonner les échanges d’électricité entre les différents opérateurs du marché libéralisé.
Albert MUANDA