La République Démocratique du Congo a procédé au lancement de travaux d’élaboration de la feuille de route nationale 2026-2029 en vue de capter les fonds du TFFF (Tropical Forest Forever Facility). Il s’agit d’une étape clé dans la préservation de son patrimoine forestier et le financement de sa transition écologique. Ces travaux lancés ce mardi 13 octobre 2026 à Kinshasa, par la ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, la professeure Marie Nyange Ndambo, devront doter la RDC d’un document susceptible de renforcer son éligibilité à ce mécanisme financier international.
« Le TFFF représente une opportunité stratégique. Cependant, notre immense potentiel forestier ne garantit pas automatiquement notre accès à ces financements. Nous devons démontrer notre capacité à satisfaire aux critères d’éligibilité, à assurer une surveillance crédible de nos forêts et à garantir une gestion transparente et équitable des ressources mobilisées », a rappelé la ministre.
Avec près de 155 millions d’hectares de forêts éligibles, la RDC dispose d’un potentiel estimé entre 333 et 336 millions de dollars USD par an. Selon la ministre, le leadership environnemental de la RDC doit désormais se mesurer non seulement à l’étendue de ses forêts, mais aussi et surtout à sa capacité à les préserver, à mobiliser les financements et à transformer ces ressources en progrès social.

Organisé jusqu’au 15 octobre avec le soutien technique et financier du Fonds mondial pour la nature (WWF) et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), cet atelier réunit des membres de la Commission technique nationale, des cadres des administrations publiques, des acteurs de la société civile, ainsi que des représentants des Peuples Autochtones et Communautés Locales.
« Protéger les forêts ne peut reposer sur les seuls efforts des pays forestiers. Cette responsabilité partagée exige des financements prévisibles, durables et à la hauteur des services écologiques rendus à l’humanité. (…) Le TFFF reconnaît le rôle déterminant des peuples autochtones et des communautés locales en prévoyant qu’au moins 20 % des paiements leur soient directement destinés. Leurs connaissances, leurs pratiques et leur pertinence dans les territoires sont indispensables à la gestion durable et équitable des écosystèmes forestiers. », a souligné Joseph Ezoua, délégué du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), à cet atelier.
Le TFFF est une initiative internationale de financement innovant visant à rétribuer directement les pays tropicaux préservant leurs forêts sur pied grâce à des paiements prévisibles et pérennes. Le mécanisme met un point d’honneur à impliquer directement les populations qui préservent ces écosystèmes au quotidien. Au moins 20 % des paiements seront directement alloués aux Peuples Autochtones et Communautés Locales.
Cet atelier marque la mise en œuvre concrète de l’Arrêté ministériel n°056 signé le 26 août 2026, portant création et fonctionnement de la Commission technique nationale TFFF-RDC.
Notons par ailleurs que la feuille de route en cours d’élaboration devra permettra de définir les réformes juridiques à engager, les systèmes de suivi et de surveillance forestière à mettre en place, les mécanismes de transparence financière, ainsi que le plan de partage des bénéfices requis pour garantir l’éligibilité définitive du pays au mécanisme mondial.
Alfredo Prince NTUMBA