Les acteurs impliqués dans le processus de la foresterie communautaire en République Démocratique du Congo et dans le Bassin du Congo ont procédé, ce mercredi 16 septembre, à Kinshasa, à la validation des recommandations formulées au terme d’un projet de recherche mené par WRI et son partenaire Tropenbos-RDC, à travers une évaluation approfondie sur les modes de gestion forestière pilotée par les PACL, ceci dans la province de la Tshopo.
La recherche a pris en compte certaines Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL), des forêts sacrées, celles adjacentes aux aires protégées, ainsi que des forêts coutumières non assimilables aux trois cas précités. Celles-ci dans les territoires de Bafwasende et Yangambi.
Des recommandations centrées sur la revue critique de la stratégie nationale relative à la Foresterie communautaire du MEDD-NEC qui est actuellement en phase d’évaluation et révision, et éclairerons certes les mécanismes de gouvernance, le financement, le cadre institutionnel et la sécurisation des droits liés au mode de gestion forestière piloté par les communautés locales.
A titre illustratif, selon le document final, les participants ont validé les recommandations notamment : “ Articuler correctement la stratégie pour refléter la vision dans les objectifs et axes stratégiques : centrer la vision sur les deux visées de la FC (gestion durable des forêts et développement socio-économique) ; Clarifier les orientations relatives à la mobilisation des financements & ressources matérielles/humaines par l’Etat lui-même pour accompagner les CFCL, la révision du cadre organique pour créer une direction de la FC au secrétariat général ou une agence avec des subdivisions en province”, peut-on lire sur le document.
Financé par la Fondation Jacobs Futura, l’atelier s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion de la foresterie communautaire dans le Bassin du Congo ». Cette journée de réflexion a marqué l’aboutissement d’un processus rigoureux de production d’évidences empiriques destiné à éclairer les trajectoires de gestion forestière dans le Bassin du Congo.
« Notre présence ici aujourd’hui témoigne donc de l’importance que nous accordons à ces questions. La foresterie communautaire incarne une approche novatrice, inclusive et durable du fait qu’elle place les populations au cœur de la gouvernance forestière en leur confiant des droits mais aussi des responsabilités essentielles dans l’aménagement, la protection et la valorisation de leur patrimoine naturel. Les recommandations formulées aujourd’hui constituent une matrice d’indicateurs et d’orientations stratégiques. Elles offriront une architecture de données robuste pour guider les allocations de ressources des partenaires financiers et fourniront aux acteurs des bases de référence robustes pour des améliorations substantielles pour la foresterie communautaire », a déclaré la directrice pays de WRI en RDC, madame Bora Masumbuko.
Une approche fondée sur la recherche de terrain en Tshopo
Le cœur de la démarche repose sur la recherche menée sur le terrain en province de la Tshopo. En couplant des enquêtes socio-économiques et une analyse géospatiale multi-temporelle, les chercheurs ont travaillé à mesurer avec précision des indicateurs d’efficacité biophysique et de gouvernance des concessions forestières des communautés locales, comparativement aux aires protégées adjacentes.
Le ministère de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, à travers sa Division de la Foresterie Communautaire, a exprimé son accompagnement et son leadership dans le processus.
« Notre arsenal juridique, la typologie de nos titres forestiers et nos modèles de gestion doivent servir en priorité le bien-être de nos concitoyens tout en préservant le patrimoine naturel de l’humanité. Les évidences collectées dans la province de la Tshopo démontrent que l’État a eu raison de faire confiance aux structures locales. Le succès de cette dynamique repose sur une volonté politique forte pour lever les barrières administratives et sécuriser les droits de nos communautés. Le Ministère veillera personnellement à ce que les recommandations issues de nos travaux soient intégrées dans les politiques publiques et orientent efficacement les décisions des administrations provinciales et nationales », a déclaré le Directeur Général de forêts au ministère de l’environnement, développement durable et nouvelle économie du climat, Monsieur Frédéric Djengo.
Des recommandations aussi stratégiques pour l’alignement vision–objectifs–axes
WRI et Tropenbos-RDC ont notamment indiqué avoir revisité le lexique des mécanismes juridiques et produit une typologie exhaustive des titres fonciers reconnus aux communautés locales et peuples autochtones. D’autres recommandations portent notamment sur l’articulation correcte de la stratégie afin qu’elle reflète la vision de la foresterie communautaire.
Parmi les propositions figurent : « centrer la vision sur les deux visées de la FC, aligner l’architecture juridico-politique des CFCL avec les objectifs exprimés, simplifier le canevas du PSG afin de faciliter son élaboration par les PACL, fixer des orientations claires sur la cartographie participative et vulgariser les instruments de la foresterie communautaire en langues nationales ».
Des données renforcées par un travail inclusif sur le terrain
Les enquêtes ont impliqué 272 personnes, dont 116 femmes, et tous ont été impliqué dans 36 focus groups mixtes (jeunes filles, jeunes garçons, femmes et hommes) dont 4 par sites. Les participants estiment que la Foresterie communautaire contribue à améliorer durablement les moyens d’existence, préserver la biodiversité et renforcer la résilience climatique en RDC et, plus largement, dans le Bassin du Congo.
À travers la gouvernance forestière et le suivi de la déforestation, WRI entend promouvoir des approches conciliant conservation des écosystèmes, développement local et action climatique. Cette expertise s’inscrirait pleinement dans les priorités de l’agenda climatique international, particulièrement pour les pays du Bassin du Congo, dont la RDC.
Albert MUANDA