Forêt : Bientôt une tour à flux dans le Miombo pour évaluer le potentiel carbone du sud de la RDC

Le déploiement des infrastructures scientifiques d’évaluation du carbone se poursuit en République Démocratique du Congo. Après l’installation d’une première tour à flux dans les forêts équatoriales de basse altitude à Yangambi, les chercheurs s’attellent désormais à équiper le sud du pays. L’objectif est d’installer un second dispositif au cœur de la forêt claire du Miombo pour combler un manque historique de données scientifiques précises.

Ce projet réunit un consortium scientifique composé de l’Université de Lubumbashi (UNILU), de l’INRAE (France) et de l’Université de Gand (Belgique), bénéficiant du soutien de l’initiative One Forest Vision.

« L’Université de Lubumbashi détient une grande expertise sur ces forêts méridionales. Le fait que nous soyons impliqués dès le départ dans le montage de ce projet démontre que l’université congolaise est elle-même actrice pour faire connaître ses propres ressources forestières », a indiqué le Professeur Basile Mujinya, de l’INILU.

S’étendant sur environ 286 000 km² en RDC, le Miombo représente près de 20 % de la couverture forestière nationale. Malgré une structure plus ouverte, ces forêts abritent une biodiversité majeure, marquée par des arbres atteignant jusqu’à 20 mètres de hauteur et plus de 8 500 espèces végétales, dont 50 % sont endémiques. Le Miombo congolais se distingue également par sa forte humidité, recevant plus de 1 200 mm de précipitations annuelles.

Outre sa valeur écologique, cet écosystème fait face à des pressions anthropiques croissantes, notamment l’exploitation minière liée au « Copperbelt », l’extension urbaine, le bois énergie et la récurrence des feux de brousse.

« Lorsqu’il y a des menaces mises en lumière par des mesures scientifiques réelles, cela aide à prendre des décisions rapides et bien coordonnées. La partie méridionale de la RDC est une zone minière en transition, avec de forts épisodes de feux de brousse qui contribuent aux émissions globales. Que ce soit les impacts négatifs ou le potentiel de stockage du Miombo, tout ceci doit être mesuré avec des critères scientifiques de haut niveau », a précisé monsieur Mujinya.

Un site d’implantation identifié

Le site sélectionné pour l’installation de cette infrastructure est la localité de Kitunwa, située sur l’axe routier Kasenga, à deux heures de Lubumbashi. Ce choix repose sur la préservation du couvert forestier, sa représentativité et son accessibilité en toute saison. Le matériel, déjà disponible en France, attend les dernières autorisations administratives pour son acheminement.

« Nous avons bien fait l’exploration dans la région et nous sommes tombés sur un site qui a un grand potentiel à Kitunwa, sur l’axe de la route Kasenga. C’est une forêt bien préservée, sécurisée et très accessible par la route. Sur le plan logistique, tout est fin prêt : les études de sol vont être lancées et la tour existe déjà en France. Nous attendons l’approbation de la tutelle au niveau du ministère de la Recherche scientifique pour que cela soit effectif tout de suite », a conclu le professeur.

Alfredo Prince NTUMBA