Du 12 au 13 août 2026, l’Église Libérale Mission Evangélique pour le Rachat (MERA) a réuni plus d’une centaine de femmes au sein de son temple à Kinshasa pour deux journées d’autonomisation, de formation et de spiritualité, autour du thème : ‘’Femme rachetée et consacrée.’’
Organisée par le Département des femmes de l’Église MERA, cette Conférence a offert aux participantes bien plus qu’un enseignement spirituel. Au programme : des ateliers pratiques axés sur la santé, la nutrition et la cosmétique naturelle, dans le but d’encourager la prise en charge financière et l’épanouissement personnel de la femme de la République démocratique du Congo.
« Nous voulons que la femme de MERA se prenne en charge », a souligné Philo Manimi Wakuteka, présidente du Département des femmes. « Mais avant cela, nous voulons qu’elle soit consacrée, qu’elle se sanctifie, vive dans la crainte de l’Éternel et connaisse son identité dans le Seigneur pour devenir une femme dynamique, élevée et autonome dans la société. » A-t-elle ajoutée.
Cosmétique naturelle et réappropriation de l’identité
L’un des temps forts de la conférence a porté sur les dangers de la dépigmentation et l’importance de valoriser la peau noire. Déborah Tshibangu, coach en formulation cosmétique et fondatrice de Baka Beti Cosmétique, s’est insurgée contre la prolifération des crèmes éclaircissantes sur le marché, souvent chargées de substances toxiques pouvant endommager des organes vitaux comme les reins.
A l’en croire, les dérives des produits éclaircissants sont :
- Ingrédients néfastes : forte teneur en sucres et produits chimiques non contrôlés.
- Risques sanitaires : atteintes rénales et dérèglements cutanés sur le long terme.
- Problématique de l’hydroquinone : Substance parfois autorisée jusqu’à 2 % dans d’autres pays, mais vendue sans réglementation claire en RDC.
« Il n’y a pas de métis chez vous. Pourquoi voulez-vous éclaircir ? » s’est-elle indignée. « Je veux répondre à un besoin : redonner à la femme noire son identité. Nos mamans utilisaient des rituels de beauté naturels qui leur donnaient une belle peau préservée jusqu’à l’âge adulte. L’objectif ici est de montrer que le cosmétique naturel est aussi un levier pour devenir autonome. » A-t-elle déclarée.
La nutrition et la médecine traditionnelle à l’honneur
Au-delà des soins de la peau, la santé globale de la famille a été placée au centre des débats. « La femme détient la marmite. » A insisté la nutritionniste-diététicienne Déborah Lushima. Dans son speech, elle a rappelé qu’on ne mange pas simplement pour se remplir le ventre, mais pour apporter des nutriments essentiels à l’organisme.
Elle a sensibilisé les femmes à la préparation des repas intelligents à chaque étape de la vie :avant et pendant la grossesse,à l’âge adulte et pour les enfants.
Revalorisation du savoir ancestral
Le Dr Sandra Kamango est quant à elle intervenue pour plaider en faveur de la médecine traditionnelle. Se basant sur son cursus à l’Université de Kisangani, elle a rappelé que les plantes médicinales constituent une alternative naturelle précieuse. « La médecine moderne nous a été imposée. Nos ancêtres n’utilisaient que des plantes. Ce sont des produits créés par Dieu, et tout ce que Dieu a fait est parfait. » A-t-elle martelée.
Des retombées pratiques pour les participantes
Pour les nombreuses participantes, cette conférence a été un véritable déclic. Jemima Makoyo, étudiante en communication à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), témoigne des connaissances concrètes qu’elle a pu acquérir. « J’ai beaucoup appris pendant ces deux jours. Je mange n’importe comment. Alors, j’ai compris que je dois changer ma manière de me nourrir. Sur la cosmétique, j’ai appris la fabrication artisanale d’un produit anti-vergétures et du savon, à base d’ingrédients simples de la cuisine. Pourtant j’ai toujours cru que c’est difficile. »
En alliant foi, sensibilisation sanitaire et formation entrepreneuriale, la CONFELI 2026 s’impose comme un rendez-vous clé pour la valorisation et l’autonomisation de la femme à Kinshasa.
Sarah MANGAZA