Climat : La Caravane de la Route de la Soie entre en Mongolie à l’approche de la COP17 sur la désertification

À dix jours de l’ouverture de la 17ᵉ session de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), la Caravane de la Route de la Soie a franchi une étape décisive. Vendredi 7 août, cette campagne mondiale de sensibilisation dédiée à la préservation des pâturages et au soutien des communautés pastorales a entamé l’ultime volet de son périple à travers les steppes de Mongolie.

Un périple de 6 000 kilomètres au cœur de l’Eurasie,initiée en mai dernier en Turquie par la CNULCD. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des éleveurs (AIPE 2026), proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies à l’initiative de la Mongolie.

​Avant d’atteindre le territoire mongol, la caravane a parcouru plus de 6 000 kilomètres, traversant la Fédération de Russie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan et la Chine. Tout au long de cet itinéraire inspiré des routes commerciales historiques, le convoi a rassemblé éleveurs, scientifiques, décideurs politiques, jeunes et représentants locaux pour échanger sur les pratiques de restauration des terres dégradées et les stratégies d’adaptation face aux sécheresses.

​« Tout au long du voyage, nous avons constaté comment les pays et les communautés gèrent et restaurent des pâturages indissociables de leur identité, de leur culture, de leur économie et de leur mode de vie. Chaque étape a confirmé une vérité fondamentale : les populations sont au cœur de la restauration. » A déclaré Dre Yasmine Fouad, Secrétaire exécutive de la CNULCD.

​La Secrétaire exécutive a rappelé qu’il n’existe pas de solution universelle et qu’il incombe désormais à la communauté internationale de transformer ces initiatives locales en engagements globaux pérennes.

Les pâturages mondiaux : un patrimoine vital mais vulnérable

​À l’échelle de la planète, les données soulignent l’urgence d’une action coordonnée :

  • ​Couverture terrestre : les pâturages représentent 54 % de la surface émergée de la Terre.
  • Impact humain et économique : ils assurent la subsistance de près de 2 milliards de personnes et fournissent environ 70 % de l’alimentation du bétail mondial.
  • Rôle écologique : ils constituent des puits de carbone majeurs pour la régulation du climat.
  • Niveau de dégradation : près de la moitié des surfaces pastorales mondiales sont aujourd’hui dégradées, ce qui menace directement la biodiversité, la sécurité alimentaire et la stabilité socio-économique des zones rurales.

La Mongolie face à l’urgence climatique et environnementale

​En Mongolie, les pâturages recouvrent environ 70 % du territoire national et font vivre un tiers de la population. Ils abritent l’un des derniers grands systèmes pastoraux nomades de la planète, notamment dans la vallée de l’Orkhon, haut lieu historique et culturel des empires de la steppe.

​Cependant, cet écosystème subit des pressions environnementales sans précédent :

  • Les terres dégradées représentent près de 77 % du territoire national affecté ;
  • Les tempêtes de sable et de poussière ont une fréquence annuelle de plus que triplée depuis les années 1960 ;
  • La crise pastorale de 2023-2024 démontre un dzud (sécheresse estivale suivie d’un hiver extrême) qui a causé la perte de plus de 7 millions de têtes de bétail.

Pour Avirmed Gan-Ochir, spécialiste en élevage au Centre de recherche Greengold et participant à la caravane, ce voyage croisé entre l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et la Mongolie démontre que malgré la diversité des traditions, les défis climatiques restent partagés.

Cap sur la COP17 d’Oulan-Bator

​Les enseignements recueillis au long des 6 000 km de la caravane alimenteront directement les travaux de la COP17 de la CNULCD, qui se tiendra du 17 au 28 août 2026 à Oulan-Bator.

​Comme l’a souligné Tsagaankhuu Iderbat, ministre mongol de l’Alimentation, de l’Agriculture et de l’Industrie légère, le savoir ancestral des éleveurs nomades, développé en harmonie avec la nature, constitue un levier essentiel pour élaborer les solutions de demain.

​Première des trois conférences des Parties aux conventions de Rio organisées cette année, la COP17 d’Oulan-Bator réunira gouvernements, experts scientifiques, peuples autochtones et acteurs de la société civile pour fixer l’agenda international sur la restauration des terres, la gestion durable des parcours et la résilience face aux sécheresses.

Sarah MANGAZA