Conservation : Le parc national de Garamba retiré de la liste du Patrimoine en péril de l’UNESCO

Le parc national de la Garamba, dans le nord de la République démocratique du Congo, vient d’être retiré de la liste du patrimoine en péril de l’UNESCO. La décision a été prise ce samedi 25 juillet 2026, à l’issue de l’adoption sans amendements ni objections de la décision 46 COM 8B.4, lors de la 48e session du comité du Patrimoine mondial, tenue depuis le 19 juillet 2026 à Pusan, en Corée du Sud.

« Au nom du Comité, laissez-moi féliciter encore une fois de plus la République démocratique du Congo pour l’approbation de sa requalification », a déclaré le président de la séance.

Pour Yves Milan Ngangay, directeur général de l’ICCN (Institut congolais pour la conservation de la nature), cette décision est le couronnement d’un travail de titan réalisé durant les trois dernières années.

« Je tiens à exprimer notre profonde gratitude au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO pour cette décision solennelle en faveur du parc national de la Garamba. Cette reconnaissance réaffirme avec force la valeur universelle exceptionnelle de ce joyau naturel et rappelle l’urgence collective d’en assurer la préservation pour les générations présentes et futures », a-t-il déclaré.

Situé dans le nord-est de la République démocratique du Congo, dans la province du Haut-Uele, à proximité immédiate de la frontière avec le Soudan du Sud, le Parc national de la Garamba s’étend sur environ 512 000 hectares et est entouré d’une zone tampon officiellement établie au cours du processus d’évaluation de plus de 540 000 hectares. Ensemble, ces zones forment le cœur écologique du vaste paysage de la Garamba.

« L’UICN constate des améliorations importantes en matière de protection et de gestion, notamment le renforcement grâce à l’ajout d’une zone tampon. Le cadre juridique est solide et repose notamment sur la loi de 2014 relative à la conservation de la nature. Les capacités opérationnelles ont été considérablement renforcées grâce à des équipes spécialisées de surveillance, à la surveillance aérienne, à l’amélioration des systèmes de gestion et à un important effort de mobilisation des communautés locales », a informé le représentant de l’UICN à cette session.

Le parc préserve des processus écologiques exceptionnels au sein de l’un des plus grands systèmes de transition forêt-savane encore existants en Afrique centrale. Le bien représente l’une des plus importantes mosaïques forêt-savane encore préservées dans cette région.

Les processus écologiques naturels, notamment les incendies, les inondations saisonnières et le pâturage des grands herbivores, continuent de façonner le paysage et de maintenir un équilibre dynamique entre habitats ouverts et habitats boisés.

« Ça n’a pas été facile d’atteindre ce résultat. Enfin, nous avons atterri et la décision a été votée à l’unanimité par tout le monde », s’est félicité le DG de l’ICCN. « C’est une fierté pour la République et pour l’ICCN. Nous nous battons encore pour les trois autres qui restent, à savoir le Kahuzi-Biega, le Virunga et la RFO (Réserve de faune à okapis) ».

Alfredo Prince NTUMBA