Ce jeudi 16 juillet 2026, à Bumba, dans la province de la Mongala, le gouvernement de la République démocratique du Congo lancé officiellement le projet « Riz Bumba, Loso na Biso ». Cette initiative d’envergure vise à bâtir une filière rizicole locale compétitive, durable et créatrice de richesses pour les producteurs congolais.
Le lancement solennel de ce jeudi marque la concrétisation réussie d’un processus rigoureux engagé en octobre 2025. À cette époque, une mission de terrain stratégique menée par le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, avait permis d’engager d’intenses consultations avec les producteurs agricoles locaux, les opérateurs économiques, les autorités territoriales ainsi que les représentants de la société civile.
De ces échanges est née une conviction partagée : la relance de la production de riz à Bumba constitue un levier indispensable pour renforcer la production nationale, réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations massives et soutenir directement le dynamisme économique de la province de la Mongala.
Un partenariat public-privé innovant
Le projet est placé sous la supervision du Ministère de l’Économie nationale, qui en définit les grandes orientations stratégiques. Pour garantir sa viabilité et son ancrage opérationnel, l’État s’appuie sur une synergie originale et ambitieuse unissant l’action publique à l’expertise du secteur privé.
Le financement global est encadré par le Fonds de Régulation Économique (FOREC), tandis que l’exécution sur le terrain est confiée à la Société Rizicole de Bumba (SRB S.A.U.), filiale de la compagnie historique Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A.). Ce modèle collaboratif permet d’allier la force de régulation et de soutien de la puissance publique à l’agilité et au savoir-faire industriel d’un acteur privé de premier plan.
Preuve du caractère global de cette réforme productive, le projet « Riz Bumba, Loso na Biso » se déploie grâce à une alliance technique entre plusieurs ministères clés, notamment le Ministère de l’Agriculture et Sécurité Alimentaire qui assure, via ses services techniques spécialisés, la certification rigoureuse des semences à haute valeur ajoutée mises à disposition des paysans, ainsi que leur encadrement technique de proximité tout au long du cycle cultural, le Ministère du Développement Rural qui prend en charge la réhabilitation lourde des routes de desserte agricole, infrastructures indispensables pour collecter, désenclaver et évacuer de manière fluide les récoltes des bassins de production, et le Ministère des Infrastructures et Travaux Publics dont le rôle est de superviser le contrôle technique des infrastructures routières concernées afin de garantir la qualité et la durabilité des axes de transport.
Des objectifs industriels massifs à l’horizon 2030
Déployé sur une période de cinq ans (2026-2030), le projet affiche une feuille de route aux ambitions chiffrées particulièrement élevées :
- 30 000 producteurs partenaires agréés seront directement intégrés et accompagnés au sein de la chaîne de valeur.
- 7 unités industrielles de transformation rizicole de pointe seront implantées dans la région pour transformer localement la production.
- 250 000 tonnes de riz : c’est le volume annuel cible à atteindre d’ici 2030 afin de répondre durablement aux besoins alimentaires du marché congolais.
Le projet place également l’équité et l’inclusion économique au cœur de son action. Une attention toute particulière est accordée aux forces vives du monde rural : le cahier des charges stipule fermement que 40 % des bénéficiaires directs soient des femmes et 35 % soient des jeunes, favorisant ainsi le renouvellement générationnel et l’entrepreneuriat des femmes rurales.
Au-delà de la sécurité alimentaire, l’impact social sera immédiat. L’initiative prévoit la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects ainsi qu’une augmentation estimée de 20 % à 25 % des revenus des producteurs locaux. Avec « Riz Bumba, Loso na Biso », la RDC se dote d’un modèle reproductible de chaîne de valeur intégrée, de la terre jusqu’au consommateur final.
Alfredo Prince NTUMBA