Climat : Marchés carbone, Marie Nyange recadre le débat

En République démocratique du Congo, la réforme sur les marchés carbone s’est invitée à la table des discussions. D’une part, le gouvernement, à travers le ministère de l’Environnement, souhaite organiser le secteur conformément à l’article 6 de l’Accord de Paris. D’autre part, certains acteurs de la société civile, déplorant un manque de consultation, voient dans cette démarche gouvernementale une marginalisation des communautés locales et des peuples autochtones. Au cours d’un briefing de presse, la professeure Marie Nyange est revenue sur sa démarche afin d’apporter plusieurs précisions.

« Aussitôt arrivée, j’ai élaboré une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation des ressources forestières. Pour ce faire, il fallait que la RDC se dote d’un registre carbone souverain, d’une part, et d’autre part, qu’elle développe un dispositif MRV (Mesure, Rapportage et Vérification) », a informé la ministre.

La ministre a également souligné que le pays avait accumulé un retard important dans l’organisation de ses marchés carbone. La vision du président de la République est de faire des ressources forestières du pays un véritable catalyseur de développement économique. Pour y parvenir, il est nécessaire de standardiser les normes des marchés carbone à l’échelle internationale, afin d’en tirer pleinement profit.

« Je voudrais dire à cette société civile qui se plaint qu’il s’agit ici d’une matière très technique, car elle est réglementée à l’international. On doit bâtir de la crédibilité, de la confiance et de la bonne gouvernance. Nous devons nous dépasser pour que le pays puisse tirer le maximum de ressources de ces marchés », a-t-elle insisté.

À en croire la ministre de l’Environnement, plus les discussions s’éterniseront autour de ce processus, plus le marché carbone international amorcera son déclin. À ce moment-là, le pays ne pourra plus tirer aucun profit de ce mécanisme, malgré l’abondance de ses ressources forestières.

« Actuellement, les entreprises occidentales et d’autres paient pour les émissions de leurs industries. Dans l’intervalle, elles développent des technologies pour la transformation industrielle de ces émissions. Le jour où leurs industries commenceront à émettre moins de gaz à effet de serre, les marchés carbone vont tarir », a-t-elle prévenu.

Alfredo Prince NTUMBA