Cinquante-deux ans après leur dernière apparition historique, les Léopards de la République démocratique du Congo font vibrer toute une nation en foulant les pelouses de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 aux États-Unis. Mais alors que des millions de supporters poussent derrière l’équipe nationale, une autre voix s’élève, celle de la préservation de la biodiversité.
Dans un communiqué publié ce 17 juin, l’organisation environnementale Greenpeace Afrique appelle les congolais et l’ensemble du continent africain à transformer cette fierté sportive en un puissant levier pour la protection de la faune et des forêts du bassin du Congo.
Un symbole sur le terrain, une espèce menacée en forêt
Le léopard n’est pas qu’un maillot floqué ou un cri de ralliement ; il est avant tout le gardien d’un patrimoine naturel en sursis. Tout comme le félin emblématique, de nombreuses autres espèces phares de la RDC, telles que les bonobos, les okapis, les éléphants de forêt et de savane, ou encore les gorilles de l’Est dépendent directement de la bonne santé des écosystèmes forestiers pour leur survie. Or, ce cœur vert de l’Afrique fait face à des périls grandissants.
« Aujourd’hui, des millions de supporters encouragent les Léopards. Mais cet enthousiasme national peut également devenir un puissant moteur de sensibilisation à la protection des forêts et de la biodiversité congolaises, qui sont de plus en plus menacées par la déforestation et la dégradation des forêts », prévient Bonaventure Bondo, Chargé de la campagne Forêts et Biodiversité du Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique.
L’identité culturelle et sportive de l’Afrique est intimement liée à sa nature. Qu’il s’agisse des Lions, des Éléphants, des Aigles ou des Léopards, les sélections africaines portent fièrement les noms des rois de la faune sauvage. Pour Greenpeace Afrique, ce lien profond doit se traduire par des actions concrètes de conservation.
La participation de la RDC au tournoi mondial est une vitrine unique. Elle rappelle que le patriotisme se joue aussi dans la préservation des trésors naturels qui font la réputation mondiale du pays.
« Aujourd’hui, protéger les léopards et les autres espèces emblématiques du Bassin du Congo est un défi collectif qui mérite le même niveau d’engagement que celui que nous manifestons pour notre équipe nationale », insiste Bonaventure Bondo.
Alors que les regards de la planète entière sont braqués sur les performances des équipes africaines, il est temps de marquer un but décisif pour l’environnement. Soutenir les Léopards sur la pelouse doit désormais rimer avec la protection des véritables fauves, primates et pachydermes dans leurs habitats naturels, afin de léguer cet héritage vivant aux générations futures.
Alfredo Prince NTUMBA