Santé : Aucun certificat « sans Ebola » requis en Ouganda pour les voyageurs, sur fond de restrictions jugées « injustes »

Le ministère ougandais de la Santé a tenu à clarifier la situation concernant les formalités de voyage. Dans un communiqué officiel rendu public ce lundi 15 juin 2026, les autorités sanitaires annoncent qu’aucun certificat d’exemption d’Ebola n’est exigé pour les voyageurs quittant le territoire national.

Cette mise au point s’adresse directement au grand public, aux voyageurs ainsi qu’aux agences de voyage. Le ministère précise que ces documents ne figurent sur la liste des exigences de visa pour aucun pays. Cette clarification survient alors que Kampala critique fermement les mesures d’isolement imposées par certains partenaires internationaux.

Tensions autour de restrictions « disproportionnées »

Le ministère de la Santé, l’Autorité de l’aviation civile, des ambassadeurs et les compagnies aériennes desservant l’Ouganda se sont réunis la semaine dernière pour discuter des restrictions de voyage qualifiées d’« injustes » imposées aux deux pays frappés par Ebola.

« Bien que nous soyons conscients de la nécessité d’être vigilants, les restrictions générales sapent la confiance envers les pays qui signalent ouvertement les épidémies, et ne sont pas proportionnelles au risque réel », a déploré ce week-end, sur le réseau social X, Diana Atwine, secrétaire permanente du ministère de la Santé.

Pourtant, lors d’une visite à Kampala, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué la stratégie de riposte de l’Ouganda. De la même manière, il a salué et encouragé la capacité du gouvernement congolais à contenir cette épidémie lors de sa rencontre avec le chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, au début du mois en cours.

Alerte aux réseaux de fraudeurs et protocole strict

Pour couper court aux activités des réseaux criminels, le directeur général des services de santé, le Pr Charles Olaro, appelle les voyageurs à la plus grande vigilance face à des fraudeurs qui tentent de vendre de faux certificats sous prétexte de faciliter l’obtention de visas ou l’embarquement.

Le dépistage de la maladie à virus Ebola, qui se transmet par contact étroit et par les fluides corporels infectés reste strictement ciblé. Il n’est recommandé que pour les personnes présentant des symptômes compatibles ou identifiées comme des cas contacts, sur la base d’une évaluation clinique et épidémiologique des autorités.

Face à la situation épidémiologique actuelle, les autorités ougandaises ont classé les districts de Wakiso, de Kampala, ainsi que les zones frontalières avec la RDC, comme des régions à très haut risque d’apparition de nouveaux cas.

Le contrôle sanitaire a été considérablement renforcé à l’aéroport international d’Entebbe et aux frontières terrestres. Les frontières avec la RDC restent fermées, le passage demeurant exclusivement ouvert aux équipes de lutte contre la maladie et à l’aide humanitaire.

Ce que doivent savoir les voyageurs

  • Mesures aux frontières et compagnies aériennes : en cas de suspicion d’infection, les autorités locales peuvent prendre des mesures sanitaires spécifiques (quarantaine, examens approfondis).
  • Précautions internationales : des pays comme les États-Unis et le Canada ont adopté des mesures spécifiques pour les voyageurs résidant ou ayant séjourné récemment en RDC ou en Ouganda. Il est fortement recommandé de se renseigner auprès des autorités du pays de destination si vous avez séjourné en Ouganda ou en RDC au cours des 21 derniers jours.

Consignes de prévention rigoureuses

Pour les personnes présentes dans la région, les consignes d’hygiène et de sécurité restent d’application stricte :

  • Se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique ;
  • Éviter tout contact direct avec les sécrétions de personnes malades (forte fièvre, troubles digestifs, hémorragies) ;
  • Ne pas consommer ni manipuler de viande de brousse ;
  • S’informer régulièrement de l’évolution des foyers via les sites officiels du ministère de la Santé d’Ouganda ou de la RDC et de l’OMS ;
  • Vigilance médicale : en cas d’apparition de symptômes évocateurs (fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête, troubles digestifs) jusqu’à trois semaines après la sortie de la zone à risque, il convient de consulter immédiatement un médecin en signalant l’historique de voyage.

Par Sarah MANGAZA