Santé : L’ASBL CREEIJ sensibilise près de 2 000 ménages de Kisenso aux droits à la santé sexuelle et reproductive

Le Cadre de Récupération et d’Encadrement pour l’Épanouissement Intégral des Jeunes (CREEIJ ASBL) a clôturé le mois de mai par une intense campagne de sensibilisation dans la commune de Kisenso, à Kinshasa. Menée dans le cadre du projet « Voies d’accès solides et durables aux soins d’avortement sécurisé », cette initiative a permis de toucher directement les jeunes et les parents d’un des quartiers les plus enclavés de la capitale congolaise.

Pendant six jours consécutifs, une équipe de paires éducatrices de l’association, solidement épaulée par les relais communautaires locaux, a sillonné le quartier Libération, cible principale de cette opération. L’objectif majeur était de briser les tabous entourant la planification familiale et les Droits et Santé Sexuels et Reproductifs (DSSR).

Réduire le déficit d’information

Pour Falonne Mayoka, chargée du projet au sein de CREEIJ ASBL, l’urgence était d’abord informationnelle.

« L’objectif est de contribuer à réduire le gap de la désinformation sur les DSSR, d’améliorer les connaissances de la population et de faciliter l’orientation vers les services de Planification Familiale (PF) ainsi que les Soins Complets d’Avortement Centrés sur la Femme (SCACF) », a-t-elle expliqué.

À l’en croire, bien qu’il s’agisse d’une première intervention de l’organisation dans cette municipalité, le bilan s’avère largement positif.

« Nous avons été très bien accueillis. Près de 2 000 ménages ont été touchés. Ces échanges ont permis d’expliquer les avantages des DSSR pour l’avenir des jeunes filles et des jeunes garçons, tout en aidant les femmes et les filles à prendre conscience de leurs droits », s’est réjouie la responsable du projet.

Briser les tabous par le dialogue intergénérationnel

Au-delà des simples séances d’information, l’activité a innové en organisant des espaces de discussion intergénérationnels. Ces cadres ont permis aux jeunes de moins et de plus de 20 ans de débattre ouvertement de ces questions délicates avec leurs aînés.

Une approche qui a bousculé les mentalités locales, comme en témoigne Viviane Malemba, vendeuse à Kisenso :

« Cette rencontre nous a permis de comprendre que les femmes ont le droit de refuser des rapports sexuels dans leur foyer et que les parents doivent maintenir un dialogue permanent avec leurs enfants. Nous avons d’ailleurs constaté que nos enfants en savent beaucoup plus que ce que nous pensions », s’est-elle réjouie.

De son côté, Blaise Lelo, un jeune habitant ayant pris part au programme, salue une initiative salvatrice.

« C’est un réel plus pour nous. J’ai notamment retenu que l’utilisation correcte des préservatifs reste essentielle pour se préserver des infections sexuellement transmissibles », a-t-il confié.

Les questions sur les DSSR restent un défi majeur en RDC, car le pays est marqué par un taux élevé de mortalité maternelle, une forte prévalence de grossesses chez les adolescentes et un accès encore limité aux services de planification familiale. Pour y faire face, de nombreuses initiatives locales et internationales œuvrent pour améliorer l’accès aux soins et briser les tabous. Elles nécessitent une attention particulière de la part des autorités compétentes.

Notons que cette vaste campagne s’inscrit dans le cadre plus global de la mise en œuvre du projet des voies d’accès aux soins d’avortement sécurisé et à la contraception en République Démocratique du Congo. Elle bénéficie du soutien financier d’Ipas, une organisation internationale de premier plan dédiée à l’accès aux droits reproductifs, ainsi que de l’appui de Global Affairs Canada (GAC).

Sarah MANGAZA