Santé : Le gouvernement congolais dit avancer avec les États-Unis pour un anticorps monoclonal expérimental

Le ministre de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, Roger Kamba, a affirmé que le gouvernement congolais est en discussions avancées avec les États-Unis afin d’obtenir un anticorps monoclonal expérimental. Présenté comme efficace contre les souches Zaïre, Soudan et Bundibugyo, ce traitement vise à mettre fin à la 17e épidémie d’Ebola dans les zones touchées en République démocratique du Congo (RDC). Cette annonce, qui s’inscrit dans le cadre de l’évolution de la situation épidémiologique et des nouvelles stratégies de riposte, a été rendue publique lors d’un briefing de presse co-animé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le jeudi 4 juin à Kinshasa.

« L’absence d’outils médicaux dédiés rend la riposte plus complexe et place la prévention, l’isolement précoce et une prise en charge médicale de qualité au centre de notre stratégie. Depuis un certain temps, le gouvernement a intensifié ses démarches diplomatiques et sanitaires. Ce que beaucoup de gens ne savaient pas, c’est qu’il existe une molécule agissant sur les trois types d’Ebola. Maintenant, nous sommes sur la bonne voie pour mettre en place un anticorps monoclonal expérimental », a précisé Roger Kamba.

Vingt jours après la déclaration officielle de l’épidémie, le pays enregistre une hausse des cas suspects et l’extension des zones touchées. Face à cette dynamique, les autorités misent sur un arsenal thérapeutique expérimental pour freiner la propagation.

Le bilan épidémiologique et l’évolution de la riposte

Au cours de la rencontre, les ministres ont présenté les derniers chiffres consolidés par les équipes de surveillance, notamment :

  • Plus de 340 cas confirmés, concentrés majoritairement dans les zones de santé de l’Ituri, avec des ramifications suivies de près au Nord-Kivu et au Sud-Kivu ;
  • Une mobilisation communautaire accrue pour contrer la désinformation et stabiliser les mouvements de panique ;
  • Le renforcement des capacités des laboratoires locaux et l’approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) afin de sécuriser le personnel soignant en première ligne.

Bien que la province de l’Ituri reste l’épicentre principal, le virus s’est progressivement propagé à de nouvelles zones de santé. Selon les autorités, le suivi des contacts demeure particulièrement difficile en raison des mouvements de population et de l’insécurité observée dans certaines zones minières.

Prenant la parole, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a insisté sur l’importance d’une communication claire et d’une responsabilité collective face aux rumeurs alarmistes circulant dans plusieurs localités.

« Nous ne cessons de recommander à la population d’éviter les contacts physiques avec des personnes présentant des symptômes tels qu’une forte fièvre, des vomissements, de la diarrhée ou une fatigue intense ; de se rendre immédiatement dans les centres de soins en cas de suspicion et de continuer à observer strictement les mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Prise en charge et annonces de guérison

Contrairement à la souche Ebola Zaïre pour laquelle des vaccins existent, la variante Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé à l’échelle mondiale. Le Dr Roger Kamba a toutefois insisté sur la stratégie de vaccination des cas contacts dans le cadre des ripostes disponibles.

Pour répondre à l’urgence, le budget du plan de riposte régional est estimé à 319 millions de dollars, un montant destiné à couvrir la surveillance, le fonctionnement des centres de traitement et la sensibilisation des communautés en RDC ainsi qu’en Ouganda.

Les autorités indiquent que la maladie peut être vaincue grâce à une prise en charge précoce et qualifiée. Plusieurs patients admis dans les nouveaux centres de traitement, notamment à Bunia, ont déjà été déclarés guéris, selon les informations communiquées.

La coopération transfrontalière avec l’Ouganda, également touché par cette souche, reste active pour contrôler le flux des populations. Les autorités soulignent, conformément au protocole et au communiqué conjoint avec l’OMS, la nécessité de préserver les services essentiels et de maintenir les frontières ouvertes afin de ne pas « asphyxier » la région.

Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, est revenu sur la mission conjointe réalisée à Bunia avec le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le gouvernement congolais réaffirme sa volonté d’éviter tout isolement économique, tout en renforçant la coopération sanitaire. Les appels à une vigilance accrue et au respect scrupuleux des mesures d’hygiène ont été intensifiés. Les autorités exhortent la population à éviter les contacts non protégés avec les fluides corporels et à signaler immédiatement tout cas suspect aux services sanitaires locaux.

Albert MUANDA