Le Projet agroforestier Kwango-Nioki (PSE-PAKN) a été officiellement lancé ce mardi 26 mai 2026 à Bukanga-Lonzo. Portant l’ambition de « produire plus tout en protégeant la forêt », cette initiative vise à développer 8 000 hectares de plantations agroforestières en République démocratique du Congo. Le projet associera la culture d’acacias à des cultures vivrières dans le secteur de Bukanga-Lonzo (territoire de Kenge, province du Kwango) ainsi que dans le secteur de Mfimi (territoire de Kutu, province de Mai-Ndombe).
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) du Bassin d’Approvisionnement de Kinshasa (PROBAK). Présent à cette occasion, Nicolas Bayol, ingénieur forestier et directeur d’études de FRMi, a souligné que ce lancement constituait une étape majeure, tout en rappelant que le véritable succès se jouerait sur le terrain.
« Planter un arbre, ce n’est pas seulement préparer une récolte. C’est inscrire dans la terre la promesse d’un avenir meilleur (…). Le véritable succès du projet se construira dans les mois et les années à venir, sur les parcelles, avec les producteurs, avec les communautés, avec les autorités locales et avec l’ensemble des partenaires engagés », a-t-il indiqué
La mise en œuvre du PAKN mobilise un large réseau d’acteurs institutionnels, techniques et communautaires. Parmi eux, le CFC intervient en tant qu’agence d’exécution, tandis que FRMi assure le rôle d’agrégateur principal, épaulé au niveau local par plusieurs organisations partenaires.
Les chefferies, les groupements et les villages sont directement associés à la validation des zones d’intervention, à la clarification foncière, au processus de Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP), ainsi qu’à la gestion des conflits. Leur implication est jugée essentielle pour légitimer les actions locales et garantir l’adhésion durable des communautés.
« Grâce à cette initiative, nous allons restaurer les écosystèmes dégradés, renforcer la fertilité de nos sols, accroître durablement la production agricole, créer des emplois verts et décents pour notre jeunesse, et offrir de nouvelles opportunités économiques aux femmes rurales », a déclaré le gouverneur de la province du Kwango, Willy Bitwisila Lusundji.
Le projet mise également sur une gouvernance structurée, gage de coordination stratégique, de transparence et de redevabilité. Le chef de projet, Jean-Marie Bolika, a insisté sur la nature profonde du PAKN, conçu comme un investissement structurant et non comme une intervention humanitaire ou ponctuelle.
« Ce projet ne doit pas être compris comme une aide ponctuelle ou une simple distribution d’appuis. Il s’agit d’un investissement initial destiné à créer une dynamique vertueuse. Par la suite, ces plantations doivent générer des revenus durables. D’abord grâce aux cultures vivrières, puis par d’autres productions comme le bois-énergie, le miel ou d’autres produits issus du système agroforestier », a-t-il insisté.
1 250 ha mobilisés et 4 000 FSE ciblés
Sur les 8 000 hectares d’agroforesterie prévus à terme dans les deux zones d’intervention (Kwango et Mai-Ndombe), environ 1 250 hectares sont planifiés pour la campagne 2026, avec le déploiement du système intercalaire acacia-manioc. Le projet cible également près de 4 000 Fournisseurs de Services Environnementaux (FSE), pour lesquels une enveloppe de plus de 2 millions de dollars américains est prévue au titre des paiements environnementaux.
« L’avenir du Kwango vous appartient. Saisissez les opportunités qu’offre ce projet. À nos femmes rurales : votre savoir-faire, votre courage et votre résilience constituent le socle de cette transformation. Chaque arbre planté aujourd’hui est une promesse faite à demain », a exhorté le gouverneur.
Ce lancement fait suite à la tenue du Comité de Pilotage à Kinshasa le 11 mai 2026, ainsi qu’à l’atelier de lancement national le 12 mai dernier. L’étape de Bukanga-Lonzo consacre désormais le déploiement effectif des activités sur le terrain dans la province du Kwango. Le PAKN s’impose ainsi comme une réponse concrète au défi de la déforestation et comme un puissant levier de développement rural durable en RDC, conciliant production agricole, création de richesse et préservation de la nature.
Albert MUANDA