Forêt : Le chef de l’État exige l’accélération de la nouvelle politique nationale

Le président de la République a instruit le gouvernement d’accélérer la finalisation et l’adoption de la nouvelle politique forestière nationale, en veillant à son alignement avec notre stratégie climatique ainsi que nos engagements internationaux. L’amélioration de la gouvernance forestière de la République démocratique du Congo constitue désormais une condition essentielle à la mobilisation des financements climatiques, des investissements responsables ainsi que des mécanismes internationaux liés au carbone. Il a lancé cet appel lors de la quatre-vingt-dixième réunion ordinaire du Conseil des ministres du gouvernement de la République, tenue le vendredi 22 mai à Kinshasa.

« Le leadership naturel de la République démocratique du Congo dans ces instances doit être soutenu par des politiques nationales cohérentes, des mécanismes crédibles de gouvernance ainsi qu’une volonté politique clairement affirmée. Il en va également de la crédibilité internationale de notre pays au sein des principales plateformes dédiées à la préservation des forêts tropicales, notamment la Commission climat du bassin du Congo (CCBC), le Partenariat pour les forêts du bassin du Congo (PFBC) ainsi que la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) », a rapporté le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.

Dans ce contexte, les partenaires et investisseurs accordent une importance croissante aux garanties environnementales, sociales et de gouvernance.

Cap vers une feuille de route interministérielle et inclusive

Dans cette perspective, la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du climat, Marie Nyange Ndambo, a été appelée à présenter, avec le concours de son cabinet et dans les meilleurs délais, une feuille de route interministérielle pour l’opérationnalisation de cette politique.

Cette feuille de route intégrera notamment les synergies avec l’initiative Couloir vert Kivu–Kinshasa, l’accélération des Concessions forestières des communautés locales (CFCL), l’effectivité du Consentement libre, informé et préalable (CLIP) ainsi que le renforcement des mécanismes de surveillance et de sauvegarde environnementale.

Le président de la République a, par ailleurs, attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité impérieuse de consolider une gouvernance forestière irréprochable, cohérente et crédible, à la hauteur des responsabilités historiques et stratégiques qui incombent désormais à la République démocratique du Congo.

La RDC face à ses responsabilités de « pays-solution »

Avec ses forêts tropicales, ses tourbières, ses ressources hydriques exceptionnelles, sa biodiversité unique ainsi que son potentiel considérable en minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, la RDC occupe une place centrale dans les équilibres climatiques mondiaux. Cette réalité confère à la République démocratique du Congo un rôle naturel de « pays-solution » qu’elle doit pleinement assumer.

« Notre leadership ne pourra être durablement reconnu que si nous démontrons collectivement notre capacité à mettre en place une gouvernance forestière exemplaire, fondée sur la transparence, la redevabilité, le respect des communautés locales ainsi que la cohérence des politiques publiques », a déclaré le chef de l’État.

Les travaux récemment organisés à Kinshasa dans le cadre de la révision du cadre national de gouvernance forestière ont permis de dégager une vision commune en faveur d’une actualisation cohérente des orientations stratégiques du secteur. Cette dynamique appelle désormais un engagement clair et solidaire de l’ensemble du gouvernement autour de la politique forestière nationale, afin de garantir une meilleure coordination intersectorielle entre l’environnement, les mines, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’aménagement du territoire, les finances et l’intérieur.

Albert MUANDA