Mines : Plusieurs morts après un éboulement de terre à Modonyo au Nord-Ubangi

Au total, six creuseurs ont perdu la vie dans la province du Nord-Ubangi, plus précisément sur le site minier de Modonyo. Cette tragédie s’est produite à la suite d’un éboulement de terre survenu dans l’exploitation artisanale de Mopodi (Libala). Cet accident, survenu le 10 mai 2026, remet en cause le niveau des dispositifs de sécurité mis en place pour protéger les personnes qui y travaillent.

À en croire une source locale, comme c’est le cas dans plusieurs zones d’exploitation minière artisanale, les sites ne respectent pas les normes et les conditions exigées. Malgré la présence du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale (SAEMAPE), cet accident meurtrier n’a pu être évité, démontrant ainsi les failles du système de protection physique.

Outre cela, l’absence d’un encadrement technique qui aurait dû se faire en amont avec notamment des études de sol par des ingénieurs, la création de tunnels selon les normes et un contrôle régulier des risques constitue un ensemble de facteurs qui ont exposé davantage la vie des creuseurs.

« Le site ne respecte pas les normes de sécurité. Il y a un manque d’encadrement technique et les puits qui sont creusés ont une très grande profondeur. Lorsqu’ils atteignent de grosses dimensions, les parois peuvent céder, l’eau peut s’infiltrer et les galeries peuvent s’effondrer », a ajouté notre source.

La RDC dispose pourtant d’un cadre légal sur ses gisements miniers et d’un code de conduite de l’exploitant artisanal qui, ensemble, se complètent et définissent les attributions ainsi que les moyens à mettre en œuvre pour renforcer la protection des exploitants et de leurs travailleurs. Fort malheureusement, cette base juridique souffre d’un manque d’application et d’une absence de volonté politique. Cette négligence démontre que la sécurité des creuseurs est reléguée au second plan.

« Depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour, c’est le premier cas d’accident que nous enregistrons. Mais son impact aurait été réduit si seulement les autorités politiques avaient décidé d’appliquer la loi, et si nous avions de véritables leaders à la tête de nos services », a-t-elle indiqué.

Par ailleurs, après la fermeture du site de Modonyo jusqu’à nouvel ordre, les responsables locaux ont entamé des discussions avec les familles des victimes pour leur apporter un soutien. Notons que parmi les victimes figurent cinq membres d’une même communauté Mbuza, originaires de Yandongi, ainsi qu’un autre ressortissant du Bas-Uele.

Nehemy Dengba (Stagiaire)