C’est une victoire majeure pour la biodiversité et les droits humains. 746 km² de forêts tropicales viennent d’être sécurisés en province de l’Équateur, dans la partie nord-ouest de la République démocratique du Congo. Grâce à la reconnaissance officielle de six nouvelles Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL), la protection des tourbières passe à la vitesse supérieure.
Selon une correspondance parvenue à Environews RDC, le gouverneur de la province de l’Équateur a signé en date du 23 avril 2026, les arrêtés provinciaux officialisant ces concessions.
Les arrêtés du gouverneur concerne directement la communauté de Mpundja dans le Territoire de Mankanza, et les communautés de Limanya, Libinza, Bonkembe, Bombenga et Libele dans le Territoire de Bomongo .
Au total, le projet SECOTEQ (Sécurisation Communautaire des Écosystèmes des Tourbières en Équateur) couvre désormais près de 1 380 km². L’objectif est de transformer les communautés locales en véritables gardiennes de leur environnement.
« Cette reconnaissance donne aux communautés une base légale pour gérer leurs forêts selon leurs traditions et leurs règles locales », explique Felana Rakotovao, directrice pays de Rainforest Foundation Norway (RFN). « C’est la preuve que sécuriser les droits des populations est le levier le plus efficace pour protéger les écosystèmes. »

Les tourbières ne sont pas de simples zones humides. Elles sont des « éponges à carbone » indispensables à la régulation du climat mondial.
Selon cette correspondance, la force de ce projet réside dans l’alliance entre expertise technique et savoirs autochtones. Sur le terrain, les peuples autochtones pygmées et les communautés locales utilisent des indices séculaires pour identifier les zones à protéger notamment l’observation des sols spongieux, l’analyse de la stagnation des eaux, et la reconnaissance d’espèces végétales bio-indicatrices.
Pour Julien Mathe, coordonnateur de l’ONG GASHE, cette signature n’est que le début d’une nouvelle ère. Au-delà de la protection contre les pressions extérieures (exploitation illégale, déforestation), l’enjeu est l’amélioration des conditions de vie.
« La reconnaissance officielle de ces six nouvelles CFCL en province de l’Équateur constitue une garantie importante pour la sécurisation des écosystèmes de tourbières concernés. Elle permet non seulement de renforcer la protection de ces espaces face aux pressions extérieures, mais ouvre aussi la voie à une participation active des communautés locales dans la gestion durable de leurs forêts, avec l’objectif d’améliorer leurs conditions de vie », a-t-il souligné.
Après cette étape, la prochaine consiste à accompagner ces communautés dans l’élaboration de leurs plans simples de gestion. Il s’agit de définir concrètement comment utiliser les ressources de la forêt tout en garantissant sa survie pour les générations futures.
Rappelons que ce projet, exécuté par l’ONG GASHE, bénéficie d’un soutien technique et financier de la Rainforest Foundation Norway (RFN), grâce aux fonds de la Rainforest Trust (RT).
Alfredo Prince NTUMBA