Mines :  Tshisekedi annonce un audit du secteur minier et un plan de sécurisation de 20 000 recrues

Le président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi, a exposé sa vision pour une souveraineté économique accrue, centrée sur une gestion plus rigoureuse et une transformation locale des ressources minières. Il a annoncé le lancement d’un audit complet du secteur minier sur l’ensemble du territoire national de la République démocratique du Congo. Ces propos ont été tenus au au cours d’une conférence de presse organisée devant les médias nationaux et internationaux le mercredi 6 mai 2026 à Kinshasa.

« Cette mesure vise à tracer les revenus depuis l’extraction jusqu’au rapatriement effectif des devises en RDC, à clarifier la participation de l’État dans les 25 joint-ventures existantes, dont le fonctionnement est jugé trop opaque et à récupérer les recettes dues au Trésor public, après que des rapports ont révélé des sous-déclarations massives de revenus par certaines entreprises ces dernières années », a déclaré le président de la République.

Le chef de l’État a réaffirmé que la RDC ne doit plus être un simple exportateur de minerais brut. Le rôle de « simple fournisseur » est fini. Le pays tend vers sa transformation locale.

« L’accent est mis sur le développement d’industries de transformation pour créer de la valeur ajoutée et des emplois. Nous allons également profiter de nos partenariats stratégiques. Les partenariats avec les États-Unis par exemple dépassent le cadre minier pour inclure les infrastructures, l’agriculture et la santé », a-t-il poursuivi.

Concernant les minerais critiques, Félix Antoine Tshisekedi a souligné que le cobalt, le lithium et le cuivre sont désormais positionnés comme des leviers géopolitiques essentiels à la transition énergétique mondiale. La RDC, selon ses propos, entend tirer profit de ce nouveau contexte pour consolider ses intérêts économiques et stratégiques.

Le Chef de l’État a, par ailleurs, désigné l’exploitation illégale des minerais comme le moteur principal de l’insécurité dans l’Est du pays. Pour couper court à cette insécurité, il a annoncé la création d’un corps paramilitaire de 20 000 recrues, prévu d’ici 2028, afin de sécuriser les sites d’extraction et le transport des minerais.

« Il s’agit d’un renforcement de la traçabilité. Le Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification (CEEC) voit ses pouvoirs élargis pour lutter contre le pillage organisé et le blanchiment transfrontalier », a-t-il souligné.

Selon les informations partagées, le secteur minier représente désormais plus de 30 % du budget national, avec des prévisions atteignant 6 milliards de dollars pour l’exercice 2025, d’après le ministère des Mines. Le président congolais et son gouvernement ont indiqué que ces réformes s’inscrivent dans une dynamique de redressement et de revalorisation du secteur.

Le chef de l’État congolais a lié la poursuite de ses réformes à l’avenir politique, évoquant la stabilité et la nécessité de l’assentiment populaire. Il s’est dit ouvert à un troisième mandat « si le peuple le veut » et n’a pas exclu une révision de la constitution par voie de référendum, afin d’adapter les institutions aux défis de développement annoncé de la RDC dans le futur.

Albert MUANDA