RDC : Le parc national de l’Upemba ensanglanté, l’ACEDH réclame justice pour les « héros de la conservation »

À la suite d’une attaque terroriste d’une rare violence perpétrée contre le quartier général de Lusinga, l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) tire la sonnette d’alarme. L’organisation exige l’ouverture immédiate d’enquêtes et l’organisation d’un procès exemplaire pour mettre fin à l’impunité qui gangrène la protection de la biodiversité en République Démocratique du Congo.

Un bilan humain et matériel lourd

Dans la nuit du 3 mars 2026, le Parc National de l’Upemba a été le théâtre d’une agression sauvage. Des hommes armés non encore identifiés ont pris d’assaut le Quartier Général, laissant derrière eux un paysage de désolation : sept agents abattus, des disparus et le pillage systématique des équipements du parc.

Parmi les victimes, l’ACEDH a identifié des cadres et des agents dévoués, dont Subira Bonhomme (chargé de programme), le Dr Ruth Osodu (vétérinaire) et les écogardes Jean Claude Tchimanga Shambuyi et Benjamin Kilolo Beya. « Ce sont de véritables défenseurs de la nature tués du fait de leur travail dont l’humanité tout entière a besoin », martèle l’organisation dans sa note de plaidoyer datée du 5 mars 2026.

Une impunité persistante dénoncée

Cette tragédie n’est malheureusement pas un cas isolé. L’ACEDH rappelle qu’au cours des deux dernières décennies, plus de 200 agents de conservation ont perdu la vie dans les différentes aires protégées de la RDC (Virunga, Kahuzi-Biega, RFO, etc.) sans que des enquêtes sérieuses ou des procès n’aboutissent.

L’organisation souligne une contradiction majeure : alors que la RDC ambitionne d’être un « pays solution » face à la crise climatique, ceux qui sont en première ligne pour protéger ce patrimoine mondial travaillent au péril de leur vie, sans protection juridique ou sécuritaire adaptée.

L’exigence d’une réponse institutionnelle ferme

Face à la gravité des faits, l’ACEDH, par la voix de son Secrétariat Exécutif, interpelle directement le Vice-Premier Ministre de la Défense et l’Auditeur Général des FARDC. Elle formule plusieurs demandes urgentes :

  • L’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes pour identifier et arrêter les auteurs et complices.
  • L’organisation d’un procès public et équitable afin de rendre justice aux familles des victimes.
  • Une réforme des politiques de protection incluant l’usage de nouvelles technologies et le déploiement effectif des brigades du CorPPN dans les aires protégées.

Pour l’ACEDH, l’absence de réaction judiciaire forte ne ferait qu’encourager la répétition de ces actes criminels. L’heure est désormais à l’action pour que le sacrifice de ces défenseurs de l’environnement ne soit pas vain et que la loi sur la conservation de la nature soit enfin respectée.

Alfredo Prince NTUMBA

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