La première édition de l’Université d’été des tourbières a été un cadre d’échanges des connaissances sur cette ressource. Durant trois jours, plusieurs informations ont été mises à la portée des participants. A l’issue de cette édition dont la clôture est intervenue ce mercredi 07 août, à Kinshasa, les scientifiques et experts ont formulé quelques recommandations, notamment l’urgence de mobiliser les moyens conséquents pour l’élaboration de la stratégie nationale des tourbières, la mise en place d’une task force scientifique devant adresser les différentes questions que l’on se pose sur les tourbières en République démocratique du Congo.
La session sur les informations basiques sur les tourbières s’est articulée sur la définition et la typologie de cette ressource. Cette session a permis aux scientifiques de relever la difficulté d’une définition commune et adaptée aux tourbières.
La question liée au développement des connaissances sur les tourbières a également été à l’ordre du jour. Pour les scientifiques, le manque d’information suffisante sur la ressource reste un handicap à l’amélioration de sa gouvernance. Il y a urgence d’approfondir les connaissances sur la location, les aspects physico-chimiques des tourbières, les aspects socio-économiques, les savoirs endogènes et traditionnels ainsi que les menaces qui pèsent sur cette ressource.
La task force scientifique aura pour tâches entre autres, de trouver les réponses adéquates aux questions de la situation géographique des tourbières, du stock de carbone qu’elles regorgent, et des itinéraires de valorisation possibles.
En effet, les participants ont reconnu la nécessité d’accentuer le renforcement des capacités et le transfert des compétences des experts vers ceux qui sont censés élaborer la stratégie nationale des tourbières.
Toutefois, des avancées significatives ont été enregistrées en République du Congo et République démocratique du Congo. Il s’agit notamment de l’engagement de ces pays à élaborer leurs stratégies de valorisation et de conservation des tourbières.
Par ailleurs, des synergies s’imposent afin de créer des passerelles susceptibles d’identifier et de collecter les initiatives autour des écosystèmes des tourbières. Ces synergies concernent aussi et surtout les réformes en cours dans le domaine de l’aménagement du territoire, le foncier, la forêt, l’agriculture etc.
« Je salue personnellement la tenue de cette université d’été qui vous a permis d’évaluer les connaissances disponibles, d’identifier les pistes de leur consolidation et de tisser les synergies entre le secteur et les acteurs intéressés par la thématique tourbières », a indiqué le directeur de cabinet adjoint de la Ministre de l’Environnement, Héritier Mpiana.
Pour le délégué du Programme des Nations unies pour l’Environnement, la tenue de cette première édition de l’université d’été des tourbières est le reflet de l’engagement de la RDC à valoriser cette ressource. « Pour avancer dans la conservation et la gestion durable des tourbières, nous avons constaté qu’il y’a besoin énorme de la science. Les décideurs ont besoin de la science pour prendre des décisions infirmées. Cela est encourageant pour le programme des Nations unies pour l’environnement qui, depuis près de cinquante ans, fonctionne pour que la science soit le socle de notre prise de décision », a -t-il précisé.
Alfredo Prince NTUMBA