Au cours de l’atelier portes ouvertes sur la problématique du bois-énergie en République Démocratique du Congo, organisé le mardi 26 mai 2026 à Kinshasa, la Direction des Technologies de l’Énergie-Bois (DTEB) visait à créer un cadre d’échanges, de partage d’expériences et de valorisation des efforts entrepris par les différentes parties prenantes du secteur.
Les briquettes font partie des solutions phares de la DTEB. Elles ont été présentées au cours de ces assises, tout en plaidant pour un accompagnement financier en vue d’une vulgarisation à grande échelle de cette technologie dans les ménages. Cette méthode consiste à capitaliser l’ensemble des déchets ménagers.
« L’objectif est que les populations recourent davantage aux briquettes qu’au charbon de bois. Elles ont un coût abordable et ne nuisent pas à la santé, selon les tests réalisés par l’ISTA. Nous aimerions collaborer avec les coordinations provinciales pour partager ces bonnes pratiques », a informé la Directrice de la DTEB, Mujinga Nsompo Maribé.
Une coordination qui s’avère indispensable en vue d’atteindre tout le pays. C’est dans cette optique que le PNUD a présenté une étude intitulée « La consommation en énergie domestique et le déploiement du GPL en RDC : Évolution 2019/2020 à 2023 ». Selon cette étude, la filière du charbon peut générer 300 milliards de dollars par mois. Cela peut réduire les émissions de gaz à effet de serre, créer de l’emploi et garantir la sécurité énergétique.
Selon le Energy Program Manager, Kouadio N’Goran, plus de 4 500 personnes ont été interviewées dans le cadre de cette étude afin d’aboutir à des résultats fiables. L’étude prouve qu’il faut impérativement stabiliser le milieu urbain pour que le milieu rural se stabilise, car ce sont les grandes villes qui constituent les plus grands moteurs de la déforestation.
« Le système des Nations Unies dispose d’un programme de volontaires. Épaulés par le PNUD, nous avons mobilisé 750 jeunes pour sensibiliser les foyers. Nous avons touché plus de 1,1 million de personnes grâce aux réseaux sociaux sur la cuisson propre à Kinshasa, Lubumbashi, Bukavu, Goma et Kisangani. D’après nos résultats, Lubumbashi est la zone où il faut travailler le plus pour réduire la déforestation », a-t-il indiqué.
Aux grands maux, engagement ferme
En remerciant le Ministère de l’Environnement et la DTEB pour leur engagement et leur dynamisme, la GIZ, à travers le projet CHABODU, a à son tour réaffirmé son engagement à soutenir les efforts du gouvernement pour une transformation durable de la production et de l’utilisation du charbon de bois.
« La RDC est perçue comme un pays-solution. Par exemple, dans le cadre de la finalisation du code forestier, si on parle du cadre permanent tripartite entre biomasse, énergie et cuisson propre, il y a vraiment beaucoup de choses à faire et la GIZ est là pour apporter son soutien », a promis Lasse Hoffmann, Responsable de l’implémentation du projet CHARBODU à la GIZ.
Il est certes difficile de se passer du bois-énergie dans l’immédiat, mais les participants à cet atelier ont réaffirmé, à l’unanimité, l’urgence d’agir de manière concertée pour promouvoir une gestion durable des ressources forestières et garantir un accès sécurisé, abordable et durable à l’énergie pour les populations.
À l’issue de la journée, une démonstration de la fabrication des briquettes a été réalisée par les agents de la DTEB.
Sarah MANGAZA