Santé : Épidémie d’Ebola en Ituri, un premier patient guéri redonne de l’espoir face à la souche Bundibugyo

C’est un signal fort et encourageant dans la lutte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Le tout premier patient déclaré guéri est officiellement sorti de l’hôpital ce mercredi 27 mai 2026 en Ituri. L’information a été annoncée depuis l’épicentre de la riposte par Richard Fosting, Incident Manager adjoint de l’Institut national de santé publique (INSP). Cette guérison intervient à peine deux semaines après la déclaration officielle de l’urgence sanitaire.

Une prompte riposte face au scepticisme

​Face aux rumeurs et au scepticisme qui entourent parfois la prise en charge médicale, cette première victoire thérapeutique vient rassurer la communauté.

​« Les gens spéculent à gauche et à droite en disant que nous ne pouvons pas avoir de personnes guéries. L’épidémie a été déclarée le 15 mai et nous nous sommes déployés sur le terrain dès le 17 mai. Après d’intenses activités, nous enregistrons déjà des guérisons », a martelé Richard Fosting.

D’autres guérisons attendues

​Ce premier succès ne devrait pas rester isolé. Selon l’Incident Manager adjoint, l’équipe médicale s’apprête à présenter solennellement d’autres patients guéris au cours de la semaine.

​Si la sortie de ce premier vainqueur du virus s’est faite dans la discrétion, c’est avant tout par respect pour la vie privée de ses proches.

« Cela n’a pas été fait avec ce premier patient, car sa famille a refusé que ce soit médiatisé », a-t-il précisé, avant de rajouter que ces résultats constituent « une sensibilisation pour ceux qui doutent de la capacité de notre système de prise en charge à s’organiser ».

Le défi de la souche Bundibugyo

​Cette guérison clinique représente un véritable exploit pour les équipes médicales sur le terrain. L’actuelle épidémie est en effet causée par la souche Bundibugyo, une variante rare du virus pour laquelle il n’existe, à ce jour, ni vaccin ni traitement homologué.

​Cette victoire démontre qu’une prise en charge précoce et des soins de soutien de qualité demeurent des armes redoutables pour sauver des vies, même face aux souches les plus complexes du virus.

Sarah MANGAZA