Brazzaville : Le Royaume-Uni débloque 15 millions de livres pour le bassin du Congo et souligne l’importance d’une gouvernance plus inclusive

À l’occasion du lancement officiel des consultations sur la Stratégie 2026-2035 de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI), ce mercredi 27 mai 2026 à Brazzaville, la ministre d’Etat britannique au Développement international et de l’Afrique, Baroness Chapman a annoncé un nouveau soutien financier de 15 millions de livres sterling au CAFI pour 2026, tout en saluant les efforts régionaux.

Le bassin du Congo est plus que jamais au cœur des négociations climatiques internationales. Lors d’une table ronde stratégique de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI) organisée à Brazzaville (République du Congo), le Royaume-Uni a réaffirmé son engagement à protéger ce poumon vert mondial en annonçant une rallonge budgétaire substantielle.

« Le Royaume-Uni a confiance en la CAFI, en son travail et dans le potentiel qu’elle recèle. C’est pourquoi je suis ravie d’annoncer que nous avons apporté une contribution supplémentaire de 15 millions de livres sterling à la CAFI en 2026 », a déclaré la ministre.

Cette annonce intervient deux mois après une visite de terrain en République démocratique du Congo (RDC), qui a profondément marqué la vision du gouvernement britannique sur l’interconnexion entre écologie et économie locale.

Au-delà de l’environnement, un enjeu de survie économique

Pour Londres, la protection de ce biome unique ne doit plus être perçue comme un frein au développement, mais comme une condition sine qua non de la stabilité régionale.

« La protection des forêts ne concerne pas uniquement l’environnement. C’est une question de sécurité alimentaire, de sécurité hydrique, de résilience économique et de limitation des hausses dangereuses de température, dont les conséquences se feront sentir partout », a rappelé la ministre britannique.

Elle a également insisté sur la nécessité de briser le vieux paradigme opposant écologie et croissance : « Trop souvent, la préservation des forêts et le développement économique durable ont été présentés comme mutuellement exclusifs. Pourtant, la CAFI démontre que les deux sont possibles. »

Vers une gouvernance partagée

Le point culminant du discours a porté sur la refonte des relations entre les bailleurs internationaux et les pays d’Afrique centrale. Le Royaume-Uni souhaite que le partenariat repose désormais sur deux principes fondamentaux : la responsabilité mutuelle et le financement basé sur les résultats. Tout en saluant l’introduction récente de l’accès national qui permet aux gouvernements locaux de gérer directement les fonds.

L’exemple camerounais en modèle

Pour légitimer cette exigence de résultats, le Royaume-Uni a mis en avant les initiatives de autofinancement déjà à l’œuvre dans la région, citant notamment le cas du Cameroun où une taxe sur les exportations de cacao et de café est directement réinvestie dans la durabilité des chaînes d’approvisionnement.

L’objectif affiché de cette table ronde est désormais d’accélérer la transition vers des programmes performants. « La CAFI accordera la priorité aux financements des initiatives et des programmes qui obtiennent des résultats », a conclu la diplomate, espérant que ce dialogue débouchera sur des actions concrètes pour inverser durablement la courbe de la déforestation dans le bassin du Congo.

Depuis Brazzaville, Alfredo Prince NTUMBA