Forêt : Briser le cycle de la dépendance au bois-énergie pour protéger les forêts de la RDC

La journée porte ouverte sur la problématique du bois-énergie en République Démocratique du Congo a été un cadre d’échanges et de valorisation des efforts sectoriels face à une crise environnementale majeure. Plusieurs acteurs gouvernementaux, du secteur privé et de la société civile se sont réunis à Kinshasa ce mardi 26 mai pour partager les expériences réussies, les solutions proposées et les leçons tirées de différentes approches visant à gérer durablement le bois-énergie.

Une urgence nationale

La dépendance de la population congolaise aux combustibles traditionnels atteint des seuils critiques. Le constat partagé lors des discussions est sans appel. 91,5 % de la population dépend du bois et du charbon de bois (makala) pour ses besoins vitaux quotidiens, principalement la cuisson des aliments ; 45 millions de mètres cubes de bois sont prélevés chaque année dans les massifs forestiers du pays ;12 millions d’hectares de forêts risquent de disparaître d’ici 2030 si la tendance actuelle de la demande n’est pas inversée.

« L’avenir de nos forêts et celui des générations à venir dépendent de décisions que nous prenons aujourd’hui », a déclaré Maribé Mujinga Nsompo, directrice de la Direction des Technologies de l’Énergie-Bois (DTEB).

Les participants ont mis en lumière les impacts socio-économiques et environnementaux dévastateurs de cette dynamique, qualifiée d’énergie qui tue à petit feu. « Les avancées réalisées dans le secteur ont été découvertes et nous avons exploré des solutions innovantes telles que la carbonisation améliorée, la production de briquettes, ainsi que les alternatives énergétiques durables, incluant les énergies renouvelables et les technologies de cuisson propre », a précisé Maribé Mujinga Nsompo.

Vers une transition écologique et scientifique

Face à ce tableau sombre, le communiqué final de la journée trace des pistes de solutions concrètes. Celles-ci reposent sur le renforcement de la gouvernance sectorielle, le reboisement, la gestion durable des ressources, la valorisation des alternatives énergétiques et la diffusion de technologies améliorées (tels que les foyers améliorés).

Pascaline Mbangu Kikumbi, Secrétaire Générale à l’Environnement, a insisté sur la nécessité de transformer ce défi en opportunité. « Ensemble, nous pouvons concilier développement, préservation de l’environnement et amélioration des conditions de vie. Notre leitmotiv est simple : valoriser le bois d’une manière qui respecte la forêt, stimuler l’économie locale et répondre aux exigences de la transition écologique. »

Elle a rappelé que si la forêt congolaise constitue un « poumon du monde », elle demeure avant tout le patrimoine de son peuple. Pour que le bois devienne un véritable levier climatique et non un facteur de destruction, sa gestion doit impérativement être guidée par la science et la technologie, une mission portée au quotidien par les agents de la DTEB.

« Le bois est bien plus qu’une simple ressource économique ; il est au cœur de notre identité environnementale et de notre avenir climatique, mais il ne sera une solution pour le climat que si la technologie et la science guident sa gestion. C’est tout le sens du travail quotidien des agents de cette DTEB », a-t-elle ajouté.

Le passage du charbon de bois à l’énergie verte s’impose désormais comme le grand défi de cette génération pour préserver l’avenir de la RDC.

Sarah MANGAZA